TV
Infos   /   A La Une   /   Europe   /   France   /   L’INFO EN CONTINU

Face à la colère sociale et la présidentielle de 2027, les services de sécurité préparent l’évacuation de l’exécutif

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Emmanuel Macron descendant d’un hélicoptère de l’armée à Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. (Photo d’archives de l’AFP via La Voix du Nord)

La crainte de voir des manifestants entrer à l’Élysée aurait conduit l’entourage d’Emmanuel Macron à prévoir un lieu de repli près de Paris. Dans un livre paru le 28 octobre, trois journalistes racontent ces préparatifs et les scénarios de troubles étudiés par les services de sécurité en vue de la présidentielle de 2027.

Le bunker serait situé hors de Paris. Pierre Gastineau, Antoine Izambard et Franck Renaud en parlent dans leur livre "La Nouvelle Armée des ombres" paru le 28 octobre. Les trois journalistes, spécialistes du renseignement, y retracent les discussions autour d’une éventuelle intrusion de manifestants à l’Élysée et de la mise à l’abri d’Emmanuel Macron. Le quotidien britannique The Telegraph a repris leur enquête le 6 novembre.

Ces projets auraient pris forme pendant les manifestations des Gilets jaunes, en 2018. Le 4 décembre 2018, au Puy-en-Velay, Emmanuel Macron avait été pris à partie après l’incendie de la préfecture. Ce déplacement aurait marqué ses équipes de sécurité. Outre la protection des accès au palais, elles auraient envisagé la possibilité de faire quitter Paris au président.

Antoine Izambard a évoqué cette période sur France Inter le 6 novembre. Il a rappelé : « Le pouvoir a tremblé, très clairement ». Les conseillers du président auraient alors examiné plusieurs plans d’évacuation. Les émeutes de février 1934, qui avaient entraîné la chute du gouvernement de l’époque, auraient aussi été évoquées lors de ces discussions.

La présidentielle de 2027 sous surveillance

Les services de sécurité envisageraient plusieurs scénarios de crise après la prochaine élection présidentielle. Une victoire du Rassemblement national, parti de Marine Le Pen, pourrait provoquer, selon les hypothèses étudiées, une contestation des résultats dans la rue. Celle de Jean-Luc Mélenchon, figure de La France insoumise, ferait redouter une résistance passive au sein de la police.

D’après les auteurs, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, aurait réuni plusieurs fois ses équipes pour préparer une éventuelle insurrection. La police parisienne aurait aussi simulé une journée sans téléphones sécurisés face à une cyberattaque majeure. Des militaires des forces spéciales auraient étudié une intervention pour défendre le Parlement en cas de soulèvement armé.

Un pouvoir inquiet de la colère sociale

Ces révélations surgissent au milieu des manifestations en France contre la vie chère. Le 7 novembre, l’intersyndicale de la jeunesse a recensé 250 000 participants, contre 146 000 selon le ministère de l’Intérieur. Des gaz lacrymogènes ont encore été utilisés dans plusieurs villes.

Le livre revient également sur d’anciens fonds clandestins des services de renseignement, conçus pour soutenir des réseaux de résistance en cas d’effondrement de l’État. L’enquête met ainsi en lumière des préparatifs qui dépassent la protection personnelle du président Macron et portent sur la survie même des institutions en cas de crise intérieure.

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV