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Diesel : la France fait partie des pays les plus chers d’Europe

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
En France, les prix à la pompe n'en finissent pas de battre des records (Photo d'illustration).

Les prix à la pompe n'en finissent pas de battre des records. Et c'est au niveau européen qu'un nouveau seuil a été franchi la semaine dernière. Le prix moyen du litre de diesel dans l'Union européenne a atteint 2,23 euros, soit le niveau le plus élevé des relevés hebdomadaires tenus par la Commission européenne disponibles depuis 2005. Mais cette moyenne recouvre des tarifs très différents entre les pays, selon les taxes appliquées par chaque État et les ristournes accordées depuis le début de la guerre en Asie de l’Ouest.

Le litre de gazole le plus cher d'Europe se vend aux Pays-Bas. Il faut y débourser en moyenne 2,58 euros pour un litre de diesel, en incluant les taxes, soit 129 euros pour un plein de 50 litres. Avec un tarif moyen à 2,38 euros, au 21 septembre, la France se classe à la sixième place des pays les plus chers, derrière la Belgique (2,39 euros), l'Allemagne (2,46 euros), la Finlande et le Danemark (2,56 euros).

A l'autre extrémité du classement, c'est l'île de Malte qui propose le tarif le plus bas, avec un litre de gazole à seulement 1,21 euro, stable depuis le début de l'année du fait d'aides publiques mises en œuvre dans l'archipel depuis 2022, comme le rappelle Le Télégramme.

On retrouve ensuite l'Espagne (1,92 euro), la Bulgarie (1,92 euro), la Slovaquie (1,95 euro) et la Hongrie (1,95 euro).

Une hausse de 73 centimes depuis fin février

Ces écarts de prix s'expliquent essentiellement par les différences de taxation entre les pays. « Les prix hors taxe du carburant en Europe sont très voisins », explique ainsi Jean-Louis Schilansky, ex-président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), interrogé par L'Echo Républicain(Nouvelle fenêtre). Les raffineries, le transport et les conditions d'approvisionnement peuvent faire varier la facture, mais dans une fourchette généralement autour de 10 centimes. En France, les taxes fixes, hors TVA, s'élèvent à 61 centimes d'euro sur le litre de diesel, contre 47 centimes dans le reste de l'Union européenne, détaille La Croix.

Mais les différences entre les pays européens s'expliquent également par les politiques d'aide impulsées par les États depuis le début de la crise, comme le montre la comparaison des prix affichés aujourd'hui et avec ceux relevés avant le déclenchement de la guerre en Asie de l’Ouest, le 28 février dernier.

En dehors de Malte, où les tarifs sont figés, la hausse du prix d'un litre de gazole, entre le 23 février et le 21 septembre, varie de +31 centimes d'euro en Irlande à +82 centimes en Finlande. En France, l'augmentation est de 73 centimes. Les pays qui enregistrent les hausses les moins fortes sont ceux qui ont opté pour des baisses de taxes. Il en va ainsi de l'Espagne, où le gouvernement socialiste a décidé dès le 19 mars de baisser la TVA sur les carburants de 21% à 10%. Cette mesure, arrivée à son terme le 1er juillet a été remplacée par une réduction des taxes fixes qui se traduit par une baisse de 20 centimes sur le litre de gazole. Ce dispositif doit prendre fin le 30 septembre, comme le rappelle La Croix.

Des politiques d'aide coûteuses

En Italie, les taxes sont réduites depuis le mois de mars. Mais ce coup de pouce est progressivement revu à la baisse. Le 17 septembre, les ristournes sont passées de 17,1 centimes par litre à 12,1 centimes. Cette aide a de nouveau été revue à la baisse vendredi et s'arrêtera le 5 octobre, date prévue de la fin du dispositif. Il pourrait ensuite être remplacé par un chèque carburant.

En Allemagne, des baisses de taxe avaient été consenties entre le 1er mai et le 1er juillet, permettant au litre de gazole de retrouver son niveau d'avant-crise à la fin du mois de juin. Face à la nouvelle envolée des prix cet été, le chancelier Friedrich Merz a annoncé le 18 septembre de nouvelles réductions de 17 centimes pour le gazole et l'essence, qui doivent être appliquées entre le 1er octobre et le 31 décembre, comme le rapporte Les Echos.

Mais ces politiques d'aide ont un coût financier souvent élevé pour les États. En Espagne, la baisse de la TVA consentie entre le 19 mars et le 1er juillet a été évaluée à 2,5 milliards d'euros, écrit le journal espagnol Publico.

Une facture que le pays peut encaisser grâce à un déficit contenu à 2,2% de son PIB en 2025, d'après El Pais. Or, toutes les économies européennes n'ont pas les mêmes marges de manœuvre. En Belgique, « les caisses sont vides », a déclaré le Premier ministre, Bart De Wever, le 16 septembre, pour justifier l'absence de mesures, comme le rappelle Public Sénat.

Pas de baisse de taxe en France

En France, le gouvernement de Sébastien Lecornu fait le choix depuis le début de la crise d'une aide ciblée pour les personnes les plus touchées ainsi que pour certains secteurs d'activité. Le 22 septembre, l'exécutif a dévoilé de nouvelles mesures prévoyant notamment un élargissement de l'aide pour les grands rouleurs, mise en place en avril, qui permet à certains travailleurs modestes de recevoir 100 euros pour se déplacer. Ce dispositif sera prolongé jusqu'à la fin de l'année et il sera élargi à 5,5 millions de Français, contre 3 millions auparavant. Les aides sectorielles à destination des pêcheurs, des agriculteurs et du secteur du BTP sont également étendues jusqu'au 31 décembre. Et d'autres professions, comme les aides à domicile pourront bénéficier d'un soutien sous certaines conditions.

Pour l'heure, l'idée d'une baisse des taxes, défendue notamment par le Rassemblement national, est écartée par l'exécutif français. Lors de son interview sur France 2 et TF1, jeudi soir, Emmanuel Macron a qualifié cette mesure de « démagogie budgétaire ». Selon les calculs du président de la République, baisser les taxes sur le carburant de 20 centimes, « c'est un milliard d'euros qui finance des dépenses concrètes de l'État en moins ». « Si vous baissez les taxes, vous aidez tout le monde. C'est plus intelligent d'aider les gens qui en ont le plus besoin », a également argumenté le chef de l'État.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV