L’agence Scope Ratings a dégradé ce vendredi 18 septembre la note de la France, de AA- à A+, invoquant une dette publique en hausse et des déficits persistants.
« La dégradation de la note est due à une détérioration durable des perspectives budgétaires, caractérisée par une augmentation de la dette publique générale, des déficits budgétaires élevés persistants et des progrès limités en matière de réformes structurelles », résume Scope Ratings, dans une note diffusée ce vendredi.
« La détérioration continue des perspectives budgétaires, caractérisée par des déficits budgétaires élevés persistants, une hausse des charges d’intérêts et un alourdissement de la dette publique, est préoccupante », écrit encore Scope Ratings. Et d’ajouter, à un moins d’un an de l’élection présidentielle : « Le contexte politique actuel, marqué par une fragmentation et une polarisation accrues, est difficile à appréhender. »
L'agence, qui pointe les « difficultés du gouvernement à respecter les objectifs de déficit qu'il s'était lui-même fixés », relève aussi « la forte hausse » du taux des emprunts français depuis janvier 2026, qui limiteront encore davantage sa « marge de manoeuvre » et nécessiteront encore plus d'efforts « pour stabiliser la dette publique ».
Dans ce contexte, le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a présenté, ce jeudi 17 septembre, les grandes lignes de son projet de budget pour 2027, prévoyant un « effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros » ciblant un déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB). Ces annonces ont toutefois suscité de vives réactions dans l’opposition et les rangs syndicaux, qui dénoncent des mesures jugées particulièrement austères.
En pleine incertitude budgétaire et politique avant l'élection présidentielle au printemps, la France a vu son taux d'emprunt à dix ans grimper à 4,50% mi-septembre, du jamais-vu depuis 2008.
Ces notes, délivrées par diverses agences de notation, tendant à évaluer le risque de défaut de paiement d’un emprunteur, qu’il s’agisse d’une entreprise, d’une banque ou d’un État. Elles ont une incidence sur les taux auxquels la France peut emprunter sur les marchés, et donc sur les finances publiques.