TV
Infos   /   A La Une   /   Europe   /   France   /   L’INFO EN CONTINU

L’industrie automobile en France a perdu un tiers de ses emplois entre 2010 et 2023, selon l’Insee

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Un parking de voitures neuves à Rennes (Ille-et-Vilaine). ©MAXPPP

Selon une enquête de l’Insee, l’industrie automobile française a perdu un tiers de ses emplois entre 2010 et 2023. Délocalisations, fermetures de sites et baisse des ventes ont durement frappé la filière, désormais réduite à moins de 10 % de l’emploi industriel total.

Les effectifs de l’industrie automobile française - constructeurs, équipementiers et fournisseurs - ont chuté de 33 % entre 2010 et 2023, indique jeudi l’Insee. Une contraction massive, liée notamment à la baisse des ventes, aux délocalisations et à la fermeture de sites, alors que les annonces de suppressions d’emplois se multiplient depuis deux ans.

Cette étude, la première à cartographier l’ensemble de la production industrielle dédiée au secteur auto, révèle que les emplois sont passés de 425.500 en 2010 à 286.800 en 2023, soit près de 139.000 équivalents temps plein supprimés. Dans le reste de l’industrie, hors automobile, les effectifs sont restés quasiment stables (–1 %).

46.000 emplois en moins chez les constructeurs

Les constructeurs sont les premiers concernés : leurs effectifs ont reculé de 35 %, passant de 131.400 à 85.400 salariés, soit 46.000 emplois en moins. En cause, la stratégie de Renault et Stellantis, qui ont largement privilégié leurs implantations en Europe de l’Est ou du Sud (Roumanie, Slovénie, Espagne, Portugal, Slovaquie), mais aussi au Maroc et en Turquie.

Les fournisseurs - équipementiers, carrossiers, fabricants de composants - ont suivi la même trajectoire, avec une baisse de 31,5 % (de 294.100 à 201.400 emplois), soit 92.700 postes perdus. Jusqu’en 2023, les carrossiers et équipementiers enregistraient toutefois une baisse plus limitée de 17 %, passant de 78.000 à 64.800 salariés. « Les fournisseurs délocalisent peu, mais exportent vers les pays accueillant les sites des constructeurs français », observe l’Insee.

Depuis 2023 cependant, la tendance s’accélère : Michelin, Valeo, Forvia, Bosch, Lisi ou encore Dumarey ont annoncé des fermetures de sites en France. L’impact de la crise automobile se lit clairement lorsqu’on compare les secteurs travaillant pour l’auto à ceux qui en sont indépendants.

Les producteurs de caoutchouc et plastiques dédiés à l’automobile ont perdu 43 % de leurs effectifs, contre seulement 3 % pour les autres. Même contraste dans la métallurgie (–42 % contre –3 %), dans les produits métalliques (–27 %, contre une quasi-stabilité hors auto) ou encore dans la chimie (–29 % contre +19 %). La seule exception concerne le secteur des batteries, où l’emploi progresse, porté par les investissements autour du véhicule électrique.

Dans l’ensemble, la filière automobile ne représente plus que 9,2 % de l’emploi industriel en 2023. À ce stade, l’Insee ne détecte pas d’effet direct de la transition électrique sur l’emploi, puisque trois quarts des fournisseurs travaillent déjà pour les véhicules électriques, contre seulement 15 % qui produisent exclusivement pour le thermique.

 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV