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Un général français estime qu'il faudrait se battre contre les Américains pour le Groenland

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le général Nicolas Richoux. ©La Nouvelle Tribune

La rivalité stratégique entre grandes puissances s’est progressivement déplacée vers les régions polaires, où routes maritimes, ressources naturelles et positions militaires redessinent les équilibres.

Le Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark, occupe une place particulière dans cette nouvelle géographie du pouvoir : base avancée dans l’Atlantique Nord, point d’appui pour la surveillance militaire et maillon clé de la sécurité euro-atlantique.

Déjà au centre de déclarations politiques remarquées ces dernières années, l’île refait aujourd’hui parler d’elle à travers des propos tenus en France, qui interrogent la solidité des alliances occidentales et les lignes rouges que certains estiment ne pas devoir être franchies.

Invité sur le plateau de LCI, le général de brigade en deuxième section Nicolas Richoux, consultant défense, a livré une analyse sans détour d’un scénario jugé extrême : celui d’une pression militaire américaine sur le Groenland. Ses déclarations, diffusées le 4 janvier au soir, ont rapidement circulé et suscité de vives réactions, tant par la fermeté du ton que par la cible évoquée.

Groenland et sécurité euro-atlantique au cœur des équilibres stratégiques

Situé à la jonction de l’Europe et de l’Amérique du Nord, le Groenland n’est pas un territoire neutre sur l’échiquier militaire. Il accueille déjà des installations stratégiques, notamment américaines, liées à la défense antimissile et à la surveillance aérienne. Pour les Européens, l’île reste toutefois un espace associé à un État allié, le Danemark, membre de l’OTAN, ce qui lui confère une valeur symbolique et politique forte.

C’est précisément sur ce point que l’intervention de Nicolas Richoux a insisté. Face à une hypothèse d’action militaire visant un territoire allié, il a estimé que l’Europe ne pourrait se contenter de protestations diplomatiques. Selon lui, des signaux annonciateurs d’une attaque devraient conduire à une réponse immédiate, incluant la projection de forces européennes sur place. Cette position repose sur une logique de dissuasion : marquer clairement qu’un tel acte ait un coût politique et militaire élevé, y compris s’il émanait d’un partenaire historique.

Le général a ainsi défendu l’idée que l’inaction minerait la crédibilité des engagements collectifs. Il a également souligné que laisser un allié agir sans réaction sur le territoire d’un autre allié reviendrait à fragiliser l’ensemble du système de sécurité bâti depuis la Seconde Guerre mondiale.

Une prise de position qui bouscule les alliances occidentales

Les propos tenus sur LCI se distinguent par leur franchise. Interpellé sur les conséquences pratiques d’une éventuelle annexion du Groenland par les États-Unis, le général Richoux n’a pas éludé la question de l’affrontement militaire. Il a affirmé que, dans une telle situation, l’Europe devrait accepter l’idée d’un rapport de force direct, estimant qu’une attaque contre un territoire allié ne pourrait rester sans réponse.

Cette déclaration ne constitue pas une position officielle des autorités françaises ni européennes.

En filigrane, cette sortie médiatique met en lumière une inquiétude plus profonde : celle de voir les alliances occidentales soumises à des tensions internes inédites. En évoquant la possibilité d’un affrontement avec les États-Unis, même de manière conditionnelle, le général souligne la fragilité d’un équilibre fondé sur la confiance mutuelle et le respect des engagements territoriaux.

À Copenhague, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a quant à elle déclaré lundi à la chaîne TV2 : « Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays membre de l’OTAN, alors tout s’arrête, y compris l’organisation elle-même et la sécurité instaurée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

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SOURCE: FRENCH PRESS TV