Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a dénoncé, samedi 30 août, le refus par les États-Unis de l’octroi de visas à des responsables palestiniens pour venir à New York, affirmant que le siège de l’ONU « ne saurait souffrir d’aucune restriction d’accès ».
« Le siège des Nations Unies est un lieu de neutralité. C’est un sanctuaire, au service de la paix. Une assemblée générale des Nations Unies ne saurait souffrir d’aucune restriction d’accès », a-t-il déclaré à Copenhague, peu avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, rapporte l'AFP.
Washington a annoncé cette décision vendredi soir, à quelques semaines de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies prévue en septembre, où la France plaidera pour la reconnaissance d’un État palestinien.
Le département d’État a indiqué « révoquer et refuser » l’octroi de visas « pour les membres de l’Organisation de libération de la Palestine et de l’Autorité palestinienne », à l’approche de cette réunion internationale.
Un geste également dénoncé par Xavier Bettel, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. « On ne peut pas nous prendre en otage », a-t-il lancé, suggérant d’organiser à Genève une session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU pour s’assurer de la présence des Palestiniens.
« On doit pouvoir discuter ensemble, on ne peut pas tout simplement dire qu’on exclut la Palestine du dialogue », a affirmé Xavier Bettel devant la presse à Copenhague.
L'UE exhorte Washington à « reconsidérer » sa position
L'Union européenne a également appelé samedi 30 août les États-Unis à « reconsidérer » leur refus d'octroyer des visas aux responsables palestiniens.
« Nous demandons tous instamment que cette décision soit reconsidérée, compte tenu du droit international », a déclaré la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, qui s'exprimait à Copenhague après une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l'Union.
La condamnation de ce refus de visas est un des rares sujets qui a fait l'unanimité parmi les 27 États membres de l'UE samedi à Copenhague. Les dirigeants du bloc européen peinent à s'entendre depuis des mois pour sanctionner Israël face à la situation humanitaire catastrophique à Gaza, où l'ONU a déclaré l'état de famine en août.