À quelques jours de l’ouverture de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, les États-Unis ont annoncé refuser l'octroi de visas à des membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de l’Autorité autonome palestinienne (AP).
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a révoqué,vendredi 29 août, les visas de plusieurs responsables palestiniens et ordonné le rejet de nouvelles demandes de visa de responsables palestiniens.
La mesure, confirmée par un communiqué du département d’État, marque une première dans l’histoire diplomatique récente : jamais une délégation entière n’avait été ainsi empêchée de participer à la grand-messe annuelle de la diplomatie mondiale.
La décision controversée américaine a fait réagir le ministre belge des Affaires étrangères, qui a dénoncé un « coup porté à la diplomatie ».
« Alors qu’un nouvel élan se dessine en faveur d’une solution à deux États, empêcher la voix palestinienne n’est pas seulement injuste, mais contre-productif », a déclaré le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot sur le réseau social X.
Le responsable belge soutient que l’ONU doit rester un lieu où tous les peuples peuvent être entendus, « en particulier ceux dont l’avenir dépend du dialogue ».
« L’exclusion des représentants palestiniens fragilise les principes mêmes du multilatéralisme et du droit international », a-t-il ajouté, soulignant que le chemin vers la paix exige « plus de dialogue, et non moins ».
La décision américaine d’interdire et de révoquer les visas des responsables palestiniens, les empêchant de participer à la prochaine Assemblée générale de l’ONU à New York, intervient alors que plusieurs pays occidentaux ont annoncé vouloir reconnaître l’État de Palestine, lors de cette même réunion annuelle de la diplomatie mondiale.
Fin juillet, à l’issue d’une conférence à l’ONU, 15 pays occidentaux, dont la France, ont « invité » la communauté internationale à reconnaître l’État palestinien. Parmi les cosignataires de l’appel figuraient le Canada, l’Australie, la Finlande, l’Irlande, le Luxembourg, la Nouvelle-Zélande, le Portugal, et d’autres pays européens.
L’annonce d’Emmanuel Macron selon laquelle la France reconnaîtra officiellement l’État palestinien a suscité la colère d’Israël et des États-Unis. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a condamné cette décision, la qualifiant de trahison de la part d’un proche allié.
L’Assemblée générale des Nations unies, qui se tiendra à partir du 9 septembre à New York, sera marquée cette année par la guerre génocidaire israélienne à Gaza. Cette situation intervient dans un contexte d’élan international en faveur de la reconnaissance de l’État de Palestine. Avec la grave crise humanitaire provoquée par l’armée israélienne à Gaza et les violences croissantes en Cisjordanie, de plus en plus d’États semblent se tourner vers cette reconnaissance pour exercer une pression sur Benjamin Netanyahu pour qu'il mette fin aussi bien à la guerre qu'au blocus imposés à Gaza.