Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a fustigé les signataires européens de l’accord nucléaire de 2015, abandonné par les États-Unis, pour avoir déclenché le rétablissement des sanctions de l’ONU contre le pays. Il a déclaré que cette décision témoigne de l’« obéissance » du groupe E3 à Washington.
Esmaïl Baghaï a fait ces remarques dans un message publié vendredi 29 août sur X, un jour après que le trio européen a déclenché le mécanisme de « snapback » défini par la résolution 2231, qui ouvre une période de 30 jours avant un rétablissement des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre l’Iran, sanctions qui avaient précédemment été levées.
Il a déclaré que la mesure des Européens « n’est motivée ni par une nécessité juridique ni par un jugement éclairé, mais… témoigne de leur obéissance » au Mémorandum présidentiel de sécurité nationale-2 (NSPM-2) signé par le président américain Donald Trump en février pour réimposer sa politique de pression maximale sur Téhéran.
« Par ce geste, le groupe E3 démontre ce qui constitue un partenaire de négociation “crédible” dans le soi-disant “ordre international fondé sur des règles”, où la force prime sur le droit et où le “violateur” dicte les règles du jeu », a-t-il ajouté.
Le porte-parole a également joint à sa publication une photo de la rencontre de Trump avec les principaux dirigeants européens au début du mois dernier dans le Bureau ovale, où le président américain a placé ses invités autour de son bureau, évoquant une scène de déséquilibre des pouvoirs et d’humiliation silencieuse.
The E3 are demonstrating what passes for a “credible” negotiating partner in the so-called “rules-based international order,” where might makes right and where the “violator” dictates the rules of the game.
— Esmaeil Baqaei (@IRIMFA_SPOX) August 29, 2025
Their decision to trigger the re-imposition of terminated Security… pic.twitter.com/NnLdk0cjSC
Par ailleurs, il a critiqué les États-Unis pour avoir provoqué « une série d’événements vicieux » par leur retrait unilatéral de l’accord sur le nucléaire iranien, connu sous le nom de Plan global d’action commun (PGAC).
Le diplomate iranien a également qualifié les États-Unis de « principal fauteur de troubles et contrevenant au PGAC ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré à ses homologues européens, lors d’un appel téléphonique, que Téhéran répondrait de manière appropriée à leur « action illégale et injustifiée ».
Les États-Unis se sont retirés du PGAC en 2018 avant de rétablir les sanctions illégales qu’ils avaient levées contre l’Iran et de lancer la campagne dite de pression maximale.
À la suite du retrait américain, les signataires européens du PGAC n’ont pas respecté leurs engagements et n’ont fait aucun effort pour sauver l’accord.