Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rejeté les tentatives de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne – connues sous le nom de l’E3 – visant à rétablir les sanctions de l’ONU levées par la résolution 2231 (2015).
Dans une lettre adressée à Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, qui coordonne la Commission mixte de l’accord nucléaire, M. Araghchi a souligné que la résolution 2231 « doit expirer conformément au calendrier prévu, le 18 octobre 2025 ».
« Les tentatives de l’E3 de réactiver les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, abrogées par la résolution 2231, sont injustifiées, illégales et dénuées de tout fondement juridique », a écrit Araghchi, un jour après l’activation par l’E3 du mécanisme dit de Snapback ouvrant une fenêtre de 30 jours pour un rétablissement des sanctions onusiennes contre Téhéran.
Il a accusé les puissances européennes de ne pas disposer de la « compétence juridique pour initier le rétablissement automatique des sanctions», déclarant que leurs actions ignoraient « les faits essentiels et l’historique procédural » de l’accord nucléaire de 2015.
Il a rappelé que l’Iran avait été la première partie à activer le mécanisme de règlement des différends de l’accord, après le retrait unilatéral des États-Unis en 2018, en s’appuyant sur des lettres et réunions de la Commission mixte tenues cette même année.
Il a qualifié d’« illégitime » la tentative de l’E3 de déclencher ce mécanisme en 2020, soulignant qu’elle avait été rejetée par l’Iran, la Russie et la Chine.
En allusion à l’échec des Européens à respecter « onze engagements supplémentaires » pris pour préserver l’accord nucléaire, Araghchi a critiqué le mécanisme financier européen INSTEX, le qualifiant de « purement symbolique et inefficace ».
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Il a également imputé l’échec des dernières négociations de Vienne à « l’entêtement des États-Unis, à leurs contraintes politiques internes ainsi qu'à l’insistance de l’E3 à vouloir lier les discussions à des questions hors sujet ».
Araghchi a condamné le silence de l’Union européenne face aux récentes attaques américaines et israéliennes contre des sites nucléaires en Iran, les qualifiant de « violations flagrantes de la Charte des Nations Unies et du droit international », et a critiqué le soutien européen à ces agressions.
Réaffirmant la « volonté de l’Iran à reprendre des négociations diplomatiques justes et équilibrées », il a appelé l’UE à éviter les « interprétations sélectives » et à œuvrer pour « une véritable diplomatie et la défense du multilatéralisme ».
La lettre a également été transmise au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi qu’à tous les membres du Conseil de sécurité.