Ce lundi 19 janvier, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran en Suisse, Mahmoud Barimani, a dénoncé la décision du Forum économique mondial (WEF) de retirer son invitation au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à participer au sommet de Davos.
Qualifiant cette mesure d’« injustifiée », Mahmoud Barimani a souligné qu’elle avait « sans aucun doute été prise sous la pression et l’influence claires de factions anti-iraniennes et israélo-américaines radicales ».
Le diplomate iranien a ajouté que cela « reflète leur crainte de voir la voix de l’Iran atteindre un public international ».
« Cette action est totalement contraire aux normes et aux réglementations internationales, et porte atteinte à la crédibilité du Forum économique mondial. Elle jette également le doute sur la réputation de la Suisse en tant que pays ayant une longue tradition de neutralité et d’efforts diplomatiques », a poursuivi M. Barimani.
À noter que la décision du Forum économique mondial intervient alors que la stabilité a été rétablie en Iran après plusieurs jours de troubles fomentés par l’étranger.
Le revirement soudain du Forum, annoncé lundi, cite directement les mesures de sécurité prises par la République islamique pour rétablir l’ordre dans le pays après de violentes émeutes.
« Le ministre iranien des Affaires étrangères ne participera pas à la réunion annuelle de Davos », a fait savoir le Forum économique mondial dans un message publié ce lundi sur X.
M. Araghchi devait prendre la parole mardi lors du sommet qui se tenait dans la ville de Davos dans les Alpes suisses.
« Bien qu’il ait été invité l’automne dernier, les pertes tragiques de vies civiles en Iran au cours des dernières semaines rend inappropriée la présence du gouvernement iranien à Davos cette année », peut-on lire dans le message du Forum économique mondial.
Ce qui avait commencé comme des manifestations pacifiques fin décembre 2025 a progressivement dégénéré en violences. Incités par les déclarations interventionnistes de responsables américains et israéliens, des émeutiers se sont livrés à des actes de vandalisme dans plusieurs villes du pays, tuant des membres des forces de sécurité et détruisant des infrastructures publiques.
Les États-Unis et l’agence d’espionnage israélienne Mossad ont admis leur implication directe dans ces troubles. L’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo a en effet publié sur X le message suivant : « Bonne année à tous les Iraniens dans les rues. Et aussi à tous les agents du Mossad qui marchent à leurs côtés ».
Quant au Mossad, il a publié un message en persan sur les réseaux sociaux encourageant les émeutiers à descendre ensemble dans la rue. « Le moment est venu », disait le message ajoutant que les agents du Mossad sont avec les émeutiers « pas seulement à distance et par la parole. Nous sommes avec [eux] sur le terrain ».
Par ailleurs, l’Allemagne, l’un des alliés les plus proches et les plus puissants des États-Unis en Europe, a pris une position similaire.
La Conférence de Munich sur la sécurité a annoncé vendredi qu’elle retirait également son invitation à Abbas Araghchi.
« Il y a plusieurs semaines, des invitations ont été envoyées à des représentants du gouvernement iranien. Compte tenu de la situation actuelle, la Conférence de Munich sur la sécurité n’honorera pas ces invitations », a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Ceci alors que les autorités iraniennes affirment que les récentes émeutes, soutenues par l’étranger, marquent la deuxième phase de la guerre menée par le régime israélien contre la République islamique, après son agression militaire de douze jours en juin 2025.