L’ambassade de la République bolivarienne du Venezuela à Téhéran, la capitale iranienne, a comparé le président Nicolas Maduro, enlevé par les États-Unis, au leader anti-apartheid sud-africain Nelson Mandela, soulignant que les États-Unis avaient mal jugé la situation prévalant au Venezuela.
Dans un message diffusé avec des images de Maduro et de Mandela, l’ambassade du Venezuela en Iran a indiqué que les États-Unis imaginaient d’avoir affaire à une personne similaire à celle de l’ancien dirigeant panaméen Manuel Noriega, mais qu’ils se sont retrouvés face à une situation comparable à l’emprisonnement de Nelson Mandela.
« Ils pensaient avoir affaire à un Manuel Noriega, mais le destin leur a offert un Mandela », a écrit l’ambassade de Caracas dans son message.
Le communiqué indique que les États-Unis n’ont pas pu comprendre l’idéologie du Venezuela, le chavisme, et la détermination inébranlable de son peuple.
Le texte a ainsi fait allusion au contexte historique de l’invasion américaine du Panama en décembre 1989, à la suite de laquelle le président Manuel Noriega a été arrêté et a fait face à des poursuites judiciaires après son transfert aux États-Unis.
Par ailleurs, la comparaison établie par l’ambassade entre Maduro et Mandela semble souligner le discours de Caracas sur la résistance et la résilience politiques, faisant du dirigeant vénézuélien détenu un symbole de résistance aux pressions américaines plutôt qu’une figure vouée au même sort que Noriega.
Maduro et son épouse ont été enlevés samedi à leur domicile à Caracas, évacués du Venezuela par hélicoptère, puis transportés à bord d’un navire de guerre sur quelque 3 400 kilomètres jusqu’à New York pour y être jugés par le gouvernement fédéral.
Cette agression a fait suite à des mois de pression et de concentration de forces militaires au large des côtes vénézuéliennes, illustrée par des dizaines d’attaques contre des navires prétendument soupçonnés de transporter de la drogue. Ces attaques ont fait au moins 115 morts, alors que Caracas qualifiait ces opérations d’« injustifiables ».
Caracas a toujours nié toute implication dans le trafic de drogue, affirmant que Washington invoquait des allégations de trafic de stupéfiants pour justifier l’attaque illégale visant à renverser le gouvernement et à s’emparer des vastes réserves pétrolières du pays.
Quelques heures après l’attaque, le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis dirigeraient temporairement le Venezuela et seraient « très fortement impliqués » dans son industrie pétrolière – des propos qui ont renforcé les affirmations vénézuéliennes concernant les véritables objectifs de Washington.
L’enlèvement de Maduro a été évoqué lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, au cours de laquelle la majorité de pays participants a critiqué l’action des États-Unis, la jugeant contraire au droit international.
L’Iran, la Russie et la Chine ont condamné l’opération et exigé la libération immédiate de Maduro.