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« Prenez soin de vos soldats », Larijani met en garde les États-Unis après les propos injurieux de Trump

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. ©Tasnim

Le plus haut responsable de sécurité nationale iranien a averti le président américain Donald Trump que toute ingérence américaine dans les affaires intérieures de l’Iran nuirait aux intérêts des États-Unis dans la région.

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a réagi vendredi aux déclarations de Donald Trump et de responsables israéliens concernant les manifestations sporadiques contre la chute du rial, affirmant que ces récentes déclarations révélaient une coordination occulte entre les ennemis de l’Iran.

M. Larijani a adressé un avertissement direct à Washington, déclarant que Trump devait prendre conscience des conséquences de toute intervention.

« Trump doit savoir qu’une ingérence américaine dans cette affaire intérieure déstabiliserait toute la région et nuirait aux intérêts américains », a-t-il déclaré. Il s’est également adressé au public américain : « Le peuple américain doit savoir que c’est Trump qui a déclenché cette aventure. Il doit veiller à la sécurité de ses soldats. »

Il a souligné que les autorités iraniennes font la distinction entre les griefs économiques légitimes et les actes de sabotage.

« Nous faisons la distinction entre la position des commerçants manifestants et les agissements des perturbateurs », a-t-il déclaré.

Ses propos font suite à une publication de Trump sur les réseaux sociaux, dans laquelle il menaçait l’Iran d’une intervention militaire.

Trump a déclaré que si des manifestants pacifiques étaient pris pour cible en Iran, les États-Unis viendraient à leur secours. « Nous sommes prêts à intervenir », a-t-il ajouté.

Le conseiller du Leader de la Révolution islamique et son représentant au Conseil de défense, Ali Shamkhani, a lui aussi rejeté les allégations de Trump concernant une intervention américaine pour « secourir » les manifestants. « Les Iraniens connaissent bien le bilan des interventions américaines, de l’Irak et l’Afghanistan à Gaza », a-t-il déclaré.

« Toute ingérence dans la sécurité iranienne, sous quelque prétexte que ce soit, se heurtera à une riposte qui ne manquera pas de susciter des regrets. La sécurité nationale de l’Iran est une ligne rouge, et non un sujet de plaisanteries aventuristes sur Twitter. »

Des manifestations ont éclaté dimanche après la fermeture temporaire des commerces par les commerçants à Téhéran pour protester contre la chute de la monnaie nationale, qui a atteint des niveaux records face au dollar américain. Les autorités iraniennes ont reconnu les difficultés économiques que rencontre la population et ont déclaré que les manifestations pacifiques sont légitimes.

Parallèlement, elles ont mis en garde contre les tentatives d’instrumentalisation de la situation par des éléments soutenus par l’étranger, qui cherchent à alimenter la violence.

Le procureur général, Mohammad Movahedi-Azad, a affirmé que les manifestations pacifiques contre les problèmes économiques sont une « réalité compréhensible » et doivent être encadrées par la voie légale, tout en mettant en garde contre les tentatives organisées de transformer les manifestations en troubles.

L’économie iranienne subit une pression constante depuis 2018, date à laquelle les États-Unis ont rétabli des sanctions unilatérales après le retrait de Donald Trump de l’accord international sur le nucléaire iranien durant son premier mandat.

Movahedi-Azad a fustigé les sanctions unilatérales et extraterritoriales, soulignant que lorsque de telles mesures restreignent l’accès aux biens essentiels, aux médicaments, aux services financiers et aux ressources vitales, « il est difficile de les dissocier de la notion de punition collective », que le droit international rejette.

Movahedi-Azad a insisté sur la nécessité de distinguer clairement les manifestations légales des actes criminels.

« Les pressions économiques peuvent engendrer des revendications et des protestations sociales, et dans ce contexte, les manifestations pacifiques contre la situation économique doivent être menées par les voies légales », a-t-il déclaré. Il a mis en garde contre la manipulation des revendications populaires par certains acteurs.

« Parfois, en exploitant des réseaux médiatiques manipulés, en diffusant des récits déformés et en instrumentalisant des individus ou des éléments perturbateurs de l’ordre public, on tente de transformer ces revendications en insécurité », a-t-il affirmé.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV