Le ministère libanais des Affaires étrangères a annoncé vendredi avoir « déposé une plainte » contre Israël au Conseil de sécurité des Nations unies, en réaction à « la construction de deux murs en béton à l’intérieur du territoire libanais » au sud de la localité de Yaroun (caza de Bint Jbeil), ce qui « constitue une nouvelle et grave violation de la souveraineté libanaise par Israël ».
Dans un communiqué publié vendredi 28 novembre, le ministère libanais des Affaires étrangères a confirmé que la plainte avait été déposée par la mission permanente du Liban auprès des Nations unies à New York, auprès des 15 membres du Conseil.
Le Liban a appelé le Conseil et le Secrétariat de l'ONU à prendre des mesures immédiates pour dissuader Israël de violer la souveraineté libanaise.
Selon la plainte, la violation consiste en la construction par Israël de deux murs de séparation en béton, en forme de T, au sud-ouest et au sud-est de Yaroun, à l'intérieur des frontières libanaises internationalement reconnues.
La construction de ces deux murs entraîne la saisie de terres libanaises supplémentaires et constitue une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi que de la déclaration de cessation des hostilités de 2024, précise le communiqué.
Par ailleurs, la FINUL a exhorté le Conseil de sécurité à contraindre Israël à démanteler les deux murs et à garantir son retrait immédiat au sud de la Ligne bleue de toutes les zones qu'il occupe encore au Liban, y compris les cinq points de passage frontaliers.
Cette décision fait suite à la demande du président libanais Joseph Aoun, qui a chargé le ministère des Affaires étrangères de déposer une plainte urgente auprès de l’ONU concernant ces murs.
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La FINUL a récemment averti que l'armée israélienne avait construit des murs au sud du Liban, près de la Ligne bleue délimitée par l'ONU, la ligne de démarcation séparant le Liban des territoires occupés par Israël.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban a déclaré avoir informé l'armée israélienne de ses conclusions et exigé le démantèlement des murs.
La FINUL a ensuite expliqué que « la présence et les constructions israéliennes en territoire libanais constituent des violations de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban », en référence à la résolution de l'ONU qui a mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.
La résolution, qui a permis d’instaurer un cessez-le-feu lors de la guerre de 33 jours lancée par Israël contre le Liban en 2006, appelle le régime occupant à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban.
Cette résolution a également servi de base à l’accord de trêve de novembre dernier.
L'armée israélienne a tué plus de 4 000 personnes et en a blessé près de 17 000 lors de ses attaques contre le Liban, qui ont débuté en octobre 2023 et se sont transformées en une agression à grande échelle en septembre 2024.
Israël et le Hezbollah ont conclu un accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024. Aux termes de cet accord, le régime de Tel-Aviv devait se retirer totalement du territoire libanais, mais a maintenu des forces stationnées sur cinq sites, en violation flagrante de la résolution 1701 et des termes de l'accord de novembre dernier.
Depuis la mise en œuvre du cessez-le-feu, Israël a violé l'accord à plusieurs reprises par des attaques récurrentes sur le territoire libanais. Israël poursuit ses attaques quasi quotidiennes contre le sud et l'est du Liban.
Le ministère libanais de la Santé a indiqué vendredi, dans un communiqué, qu'au moins 335 personnes avaient été tuées et 973 blessées par des tirs israéliens depuis l'entrée en vigueur de l'accord de cessez-le-feu en novembre 2024.
La FINUL a recensé plus de 10 000 violations aériennes et terrestres commises par Israël en territoire libanais depuis la mise en œuvre du cessez-le-feu.
Les autorités libanaises ont averti que les violations du cessez-le-feu par le régime israélien menacent la stabilité nationale.
Le secrétaire général du mouvement de résistance libanais Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a réaffirmé la semaine dernière que les appels des États-Unis et d'Israël au désarmement du Hezbollah visaient à affaiblir le Liban et à l'exposer à une agression étrangère.
Il a qualifié ces appels au désarmement du Hezbollah de « prétexte » pour lancer une agression contre le Liban.
Le député libanais Hassan Fadlallah a récemment souligné que le Liban « ne sera pas une proie facile » face à toute nouvelle agression israélienne.