L'Iran a rejeté l'idée de négocier sous la menace ou la contrainte, qualifiant de « pas pratique » une proposition de la Russie et de la Chine visant à résoudre les problèmes nucléaires.
L'ambassadeur d'Iran auprès des Nations unies, Amir Saeed Iravani, a fermement dénoncé la mesure prise par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, d’activer le mécanisme de « snapback » au Conseil de sécurité de l’ONU.
« L’Iran rejette catégoriquement et condamne la notification illégale de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Cette action contourne le mécanisme de règlement des différends du PGAC (Plan d’action global commun) », a déclaré l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeed Iravani aux journalistes, à l’issue d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité, vendredi à New York.
Jeudi 28 août, les trois États européens – le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne – ont invoqué la procédure dite de « snapback » ou le rétablissement des sanctions contre Téhéran, une clause inscrite dans l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, officiellement connu sous le nom de Plan global d’action commun (PGAC), suite aux allégations de « non-respect significatif » de ce pacte historique par l'Iran.
Selon Iravani, l'invocation du soi-disant processus de notification snapback, avait, pour seul objectif, de faire chanter l’Iran et d’exercer une pression politique.
« L'E3 n'a aucune légitimité juridique ni morale pour recourir à ce qu'on appelle le « snapback », a réitéré le responsable iranien, soulignant que son pays « demeure attaché à la diplomatie, mais ne négociera pas sous la menace ni la contrainte ».
« Les tactiques de pression visent à imposer et à dicter, pas à résoudre les problèmes, et l’Iran n’y cédera jamais. »
L'ambassadeur d'Iran auprès des Nations unies a déclaré que l'E3 n'avait pas rempli ses propres obligations, soulignant que plusieurs membres du Conseil de sécurité, dont la Chine et la Russie, avaient convenu que le groupe E3 n'avait pas suivi les procédures appropriées.
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« L'E3 et les États-Unis ont été les premiers à violer le PGAC. Ils ne peuvent pas aujourd'hui prétendre agir de bonne foi », a-t-il insisté.
Il faisait référence au retrait des États-Unis du PGAC pendant le premier mandat de Donald Trump en 2018 et à l’échec ultérieur des parties européennes (E3) à respecter leurs propres engagements, notamment l'imposition de nouvelles sanctions illégales.
Il a ajouté que l'Iran avait systématiquement et à plusieurs reprises informé le Conseil de sécurité de l'ONU, le secrétaire général de l'ONU et le coordinateur de l'UE des « violations répétées et du non-respect significatif » des engagements occidentaux, au cours des dernières années.
« Les mesures correctives prises par l'Iran ont été progressives, proportionnées et entièrement légales », a-t-il précisé, soulignant que l'action de l'E3 falsifie la réalité, récompense le contrevenant et punit les victimes.
Iravani a également noté que pendant que l'Iran poursuivait ses efforts diplomatiques, les installations nucléaires du pays ont été attaquées, un acte d'agression soutenu par les États-Unis et justifié par le groupe E3.
En juin, au milieu de la guerre imposée par Israël à l'Iran, les États-Unis ont bombardé trois sites nucléaires iraniens, une action qui constitue une grave violation de la Charte des Nations unies, du droit international et du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
« L'Iran a néanmoins choisi de maintenir la voie du dialogue ouverte et continue de s’engager avec l'E3 et l'AIEA », a-t-il poursuivi.
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L'ambassadeur d'Iran auprès des Nations unies a exhorté le Conseil de sécurité à éviter d'être « instrumentalisé par ceux qui ont violé » ses propres résolutions et le PGAC. Il a appelé les membres responsables à « défendre l'État de droit et à rejeter cette tentative illégale, infondée et politiquement motivée » de rétablir les sanctions levées.
Il a averti que « la décision irresponsable de l'E3 compromet la coopération de l'Iran avec l'AIEA et constitue une escalade inutile et provocatrice », précisant que « si elle n'est pas maîtrisée, la voie choisie par l'E3 mettra gravement en péril la crédibilité du Conseil de sécurité et la paix internationale ».