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France: plus de 2 000 enfants vivent dans la rue, 20% de plus que l'an dernier, selon l'Unicef France

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Deux jeunes enfants sont endormis sous une tente, dans la rue. ©FAS

Au moins 2 159 enfants sont aujourd’hui sans abri en France, selon le baromètre annuel publié jeudi par Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

Pour la septième année, l’UNICEF France et la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS), en lien avec le Collectif des Associations pour le Logement (CAL) tirent la sonnette d’alarme. Selon leur baromètre sur les enfants à la rue, publié le 28 août, au moins 2 159 enfants, dont 503 de moins de 3 ans, dorment chaque nuit dans la rue, faute de places d’hébergement d’urgence. 

Ces chiffres sont en hausse de 6 % par rapport à 2024 et de 30 % depuis 2022, révélant une aggravation dramatique du sans-abrisme des enfants sur le territoire français.

« Chaque année, nous constatons avec indignation qu’un nombre croissant d’enfants dorment dans la rue, exposés à des conditions indignes et à des dangers quotidiens », s’insurge Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France, sur le site de l’organisation internationale. 

« Pourtant, nos organisations formulent des recommandations claires et proposent des solutions concrètes, efficaces et réalistes. Ce qui fait cruellement défaut aujourd’hui, ce ne sont ni les ressources, ni l’expertise, mais bien une volonté politique ferme de mettre fin à l’inacceptable. »

En 2024, 31 enfants sont morts dans la rue, dont un nourrisson de huit jours, un chiffre tragique qui illustre l’urgence. La saturation du numéro d’urgence 115, la crise du logement et l’immigration expliquent cette dégradation.

Ils sont présents partout en France, en particulier en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie. Cette situation s’explique par la saturation des dispositifs d’hébergement d’urgence, combinée à une crise du logement, selon les associations.

« Très alarmantes », les données du baromètre sont toutefois sous évaluées, pointent Unicef France et la FAS : elles n’incluent pas les familles qui ont renoncé à joindre le 115, ni celles qui vivent en squats ou dans les bidonvilles. Les mineurs non accompagnés ne sont pas non plus comptabilisés. 

« C’est une situation dramatique et inacceptable, le sans-abrisme n’est pas une fatalité, des solutions existent », souligne auprès de l’AFP Nathalie Latour, directrice générale de la FAS. Elle évoque notamment des investissements à réaliser dans le logement social et l’hébergement d’urgence.

Les associations dénoncent une sous-budgétisation chronique de l’hébergement d’urgence, doté de 2,3 milliards d’euros pour 203 000 places, un chiffre qui stagne depuis 2021. Elles réclament 10 000 places supplémentaires, dont 1 000 spécifiquement dédiées aux femmes enceintes ou avec nourrissons, ainsi qu’une programmation pluriannuelle pour construire 200 000 logements sociaux par an.

Au moins 400.000 mineurs sont sans domicile fixe dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, et des millions d’autres sont mal-logés, selon une estimation publiée jeudi par la Fédération européenne des associations travaillant avec des personnes sans-abri (Feantsa) publiée fin 2024.

La situation est particulièrement alarmante au Royaume-Uni, en Allemagne et en France, selon l’Unicef.

Plusieurs rapports officiels ont récemment estimé que l’État français ne remplissait pas correctement sa mission en matière de politique d’hébergement des personnes sans-abri et des demandeurs d’asile.

Les associations réclament la création de 10.000 places supplémentaires, dont un millier pour les femmes enceintes ou sortant de la maternité. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV