Cuba a fermement rejeté le déploiement des forces militaires américaines dans les Caraïbes, affirmant qu’il « menace la région et se déroule sous des prétextes absurdes ».
Dans un communiqué publié par le ministère cubain des Affaires étrangères, La Havane a déclaré que ce déploiement « représente une menace sérieuse et une démonstration de force agressive qui porte atteinte à la souveraineté et à l’autodétermination des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes ».
Selon le communiqué, cette décision « fait fi de l’engagement pris par les 33 États membres de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) lorsqu’ils ont proclamé la région Zone de paix ».
Le ministère souligne que Washington « ne poursuit pas les objectifs déclarés » de lutte contre le crime organisé, le trafic de drogue ou les flux migratoires irréguliers, compte tenu des moyens militaires qu’il alloue, notamment un nombre important de troupes, de matériels de guerre, de forces navales, y compris des sous-marins nucléaires, et de puissance de feu, ajoutant que ces actions visent à transformer les Caraïbes en zone de guerre.
Dans ce contexte, La Havane a réaffirmé sa position ferme dans la lutte contre le narcotrafic, la défense de la souveraineté nationale et la promotion de la paix et de la stabilité en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Washington « ment » pour justifier la violence
Cuba a également dénoncé les allégations américaines liant le Venezuela et son président, Nicolas Maduro, à des organisations criminelles impliquées dans le trafic de drogue, estimant qu’il s’agit là d’un « prétexte absurde et infondé ».
« Le gouvernement des États-Unis recourt une fois de plus au mensonge pour justifier la violence et le pillage. Il s’en sert pour renouveler la mise en œuvre du plan de domination fondé sur la doctrine Monroe, pierre angulaire de son interventionnisme sur le continent américain », indique le communiqué, en rappelant les agressions et les tragédies humanitaires provoquées par Washington, notamment l’invasion de l’Irak.
Les États-Unis constituent le plus grand marché de stupéfiants de la région, voire du monde, selon le Rapport mondial sur les drogues 2025 publié par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, précise le ministère cubain des Affaires étrangères dans son communiqué réfutant ainsi les accusations américaines concernant le trafic de drogue à travers l’Amérique latine.
Le communiqué a ajouté que les dirigeants américains « ignorent de manière irresponsable les conclusions de leur propre agence antidrogue, la Drug Enforcement Administration (DEA) », laquelle n’a pas mentionné le gouvernement vénézuélien dans son rapport de cette année comme l’un des acteurs responsables ou complices des opérations de trafic de drogue menaçant le territoire américain.
Les immenses profits générés par le marché illégal de la drogue aux États-Unis, selon le communiqué, « encouragent l’émergence et le fonctionnement de réseaux de trafic en Amérique latine et dans les Caraïbes », soulignant que « la négligence et l’inaction face aux causes profondes de ce phénomène aux États-Unis ne feront qu’aggraver l’impact régional de ce fléau ».
« Aucune chance » que les États-Unis envahissent le Venezuela
Jeudi, le président Nicolas Maduro a martelé qu'il n’y avait aucune chance que les États-Unis puissent entrer au Venezuela, affirmant que son pays était préparé à défendre « la paix, la souveraineté et l’intégrité territoriale ».
« Ni sanctions, ni blocus, ni guerre psychologique, ni siège. Ils n’ont pas réussi, et ne réussiront pas », a-t-il fait savoir lors d’un discours devant les forces armées.
Au moins trois navires de guerre américains, transportant plus de 4 000 Marines et marins, ont été déployés dans les eaux des Caraïbes sous prétexte de lutter contre les cartels de drogue, alors que la campagne américaine vise de plus en plus le Venezuela sous couvert de lutte antidrogue.
Ce déploiement est intervenu peu après l’annonce par Washington d’une prime de 50 millions de dollars pour la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro.
Lire plus: L’Iran soutient pleinement le gouvernement du président vénézuélien Nikolas Maduro
En réaction, ce dernier a ordonné le déploiement de 15 000 soldats à la frontière avec la Colombie, dans un geste fort pour défendre la nation face aux menaces émanant des États-Unis.
En parallèle du déploiement militaire, le gouvernement a mobilisé des drones, des bateaux, des avions, et renforcé la milice bolivarienne, qui compte désormais 4,5 millions de membres mobilisés pour la défense de la souveraineté nationale.