Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que la fuite des plans d’attaque top secret des États-Unis avait encore renforcé le scepticisme de Téhéran à l’égard des « ouvertures politiques » récemment faites par Washington.
Dans son message publié jeudi 27 mars sur son compte X, Araghchi a déclaré : « Partout dans le monde, y compris aux États-Unis, nous voyons comment les responsables américains perçoivent les affaires internationales. Certains soulignent une grave incompétence et, plus grave encore, un mépris total de la vie humaine dans les prises de décision. »
En ce qui concerne l’Iran, le chef de la diplomatie iranienne a souligné qu’il existait d’autres raisons de considérer les récentes mesures politiques avec une grande prudence. Ce commentaire faisait suite à la fuite d’une conversation sur l’élaboration de stratégies militaires des États-Unis contre le mouvement de résistance yéménite Ansarallah, tout en accusant Téhéran de soutenir ce mouvement.
Les déclarations d’Araghchi interviennent après la publication par le journaliste américain Jeffrey Goldberg de deux articles dans The Atlantic, respectivement lundi et mercredi. Ces articles mettent en lumière des échanges confidentiels impliquant le vice-président JD Vance, le conseiller à la sécurité nationale Michael Waltz, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, le secrétaire d’État Marco Rubio et la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard.
Goldberg a été intégré par erreur à ce groupe, ce qui lui a permis d’accéder à des informations opérationnelles sensibles, entraînant ainsi une importante faille de sécurité désormais désignée sous le terme du scandale du « Signalgate ». Ce scandale a soulevé des préoccupations concernant la gestion des informations classifiées et l’utilisation de moyens de communication non sécurisés.
La fuite des données a également mis à mal les relations internationales en exposant des détails militaires sensibles, tels que des plans de bombardement américains, des opérations de drones et des données sensibles pour des attaques.
Le 7 mars, Donald Trump a annoncé avoir adressé une lettre à Téhéran pour solliciter des négociations sur le programme nucléaire iranien tout en menaçant d’une intervention militaire. Cette lettre a été remise à Téhéran le 12 mars par Anwar Gargash, conseiller présidentiel des Émirats arabes unis.
L’appel de Trump à la négociation intervient alors que son administration a récemment rétabli la politique dite de pression maximale contre la République islamique, introduite pour la première fois lors de son premier mandat en 2016.
Dans le cadre de cette politique, Trump a retiré en 2018 les États-Unis de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien et a réimposé des sanctions paralysantes contre Téhéran.
Dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015, signé entre Téhéran et les puissances mondiales, l’Iran s’est engagé à appliquer des restrictions temporaires de confiance sur ses activités nucléaires en échange de la levée des sanctions économiques imposées par l’Occident.