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Zoom Afrique du 24 mai 2021

La force d'occupation française du Mali, Barkhane.

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Au Mali, le rapport de la frappe de Bounti cache pourtant beaucoup de crime de guerre de la France dans le pays !

Actualité en Afrique :

  • Côte d’Ivoire-AIP/ Le port sec de Ferkessédougou va générer plus de 71 000 emplois (Ministre)
  • Kenya : près de 2 milliards $ bientôt levés pour accroître la production d’électricité géothermique
  • l'Ouganda et le Burundi avancent sur leur projet de construire une route qui contourne le Rwanda
  • La Chine est prête à s'associer au Sénégal pour un soutien mutuel plus fort sur les intérêts fondamentaux, affirme Wang Yi
     

Analyses de la rédaction :

1. Mozambique: le piège se referme sur Total ?

Au Mozambique, malgré la présence du président Filipe Nyusi au Sommet de Paris, sa politique anti-néocoloniale n’a pas changé pour autant.

Alors que les dirigeants français et africains se sont rassemblés, ce 18 mai, à Paris, pour le Sommet France-Afrique, les dirigeants mozambicains et Total ont une opportunité pour se voir afin de discuter de la reprise des projets LNG, au Mozambique.

Étant donné que la firme française Total a laissé en suspens son méga projet gazier d’un investissement de plus de 50 milliards de dollars, cette rencontre était une aubaine pour le géant français qui continue de se heurter à la politique du président mozambicain.

La déclaration de force majeure, émise par Total, a mis le projet en attente ; ayant, ainsi, des conséquences négatives sur les perspectives économiques de la France, provoquant pas mal d'incertitudes.

Le géant français avait continuellement mis en avant le prétexte de la sécurité dans le nord du Mozambique. Mais visiblement, le fait que l’armée nationale épaulée par certains pays de la région sont parvenues à récupérer Palma de l’emprise de Daech, ne faisait visiblement pas partie de l’accord que Total avait imposé à Maputo.

Comme pour beaucoup de pays d’Afrique, une multinationale comme Total aurait exhorté au président mozambicain de lui permettre non seulement de s’accaparer des ressources gazières du pays, mais en plus de laisser rentrer des milliers de contingents militaires occidentaux dans le Mozambique.

Maputo ayant refusé ce dernier, Total a menacé de se faire la malle. De plus, les médias mainstream mettent également en avant le fait que les accords sur les exploitations gazières du Mozambique devaient rapporter une petite somme de 2 milliards par an à Maputo. Ce qui n’est absolument rien par rapport à ce que devrait réellement gagner le Mozambique, si les accords étaient équitables.

Alors le Mozambique continue de tenir tête.

La Chambre Africaine de l’Energie (“AEC”) reconnait les efforts déployés par Total et le Gouvernement du Mozambique, au cours de ces trois dernières semaines, pour trouver des solutions visant à faire face aux problèmes. Nous continuons de croire que le projet LNG de Total devrait reprendre au plus tôt, avec davantage d’initiative et de résolution, sous la direction du Président Filipe Nyusi, avec lequel AEC a eu de récentes conversations.

Les attaques terroristes ont donné, au mandat du président Filipe Nyusi, un objectif clair : protéger le peuple mozambicain et les investisseurs, et combattre le terrorisme, tout en se développant et promouvant la croissance économique. La Chambre Africaine de l’Energie se sent encouragée par la réponse de l’administration du président Nyusi, qui allie une action militaire à de fortes mesures défensives, dans le but de protéger tout le monde au Mozambique.

« Nous nous sentons encouragés par la rencontre entre le Président Nyusi et le Président de Total, Patrick Pouyanné. L’assurance d’un retour au Mozambique, par Monsieur Pouyanné, est un pas dans la bonne direction et nous devons saluer toutes les parties concernées pour le travail intense. Nous continuons de croire que le Mozambique mérite le respect et le soutien nécessaires à la stabilisation de la région, et à la reprise du projet Mozambique LNG. La période de rétractation de la force majeure devrait être vue comme une opportunité de mettre en place de meilleures structures, en matière de contenu local, de réparer ce qui ne fonctionne pas et de favoriser un environnement plus propice et un retour encore plus fort du secteur énergétique du Mozambique”, déclare NJ Ayuk, Président Exécutif de la Chambre Africaine de l’Energie.

L’industrie pétrolière et gazière a un rôle encore plus important à jouer, en garantissant la stabilité durable des projets. Nous devons repenser la manière dont nous opérons, en tant qu’industrie, en ce qui concerne l’utilisation du gaz national. Déclarer qu’il y a du gaz national disponible pour le développement économique du Mozambique n’est pas suffisant. Le secteur énergétique devrait travailler avec le gouvernement sur une bonne politique de prix pour le gaz national, qui crée des industries pétrochimiques locales qui surpassent la concurrence. Cela permettrait de provoquer un effet bien plus durable, au Mozambique, tout en créant un nombre incalculable d’emplois et en redonnant vie à des communautés, et une économie, à condition que les accords d’exploitation soient bien sûr équitables.

Le président mozambicain reste très prudent quant aux accords que le Mozambique passe avec les multinationales rapaces qui continuent de piller le continent africain en donnant des cacahuètes aux États africains. Mais beaucoup de ces États sont en train de mettre un terme à ces pillages !

 

2. Éthiopie: les USA en rognent !

Le scénario américain de pression contre l’Éthiopie continue.

Après qu’Addis Abeba a mis à la porte un journaliste du New York Times, Washington continue de tenter de ranimer le conflit du Tigré pour déstabiliser l’Éthiopie.

Les États-Unis vont maintenant imposer des restrictions de visa à des responsables érythréens et éthiopiens que Washington continue d’accuser d'avoir mis de l'huile sur le feu dans le conflit au Tigré, déplorant qu'ils n'aient « pas pris de mesures significatives pour mettre fin aux hostilités ».

Ce dimanche, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a annoncé ce dimanche que « Malgré un engagement diplomatique important, les belligérants du conflit au Tigré n'ont pas pris de mesures significatives pour mettre fin aux hostilités ou pour parvenir à une résolution pacifique de la crise politique », souligne-t-il.

Washington continue donc ses tentatives d'ingérence dans les affaires intérieures de l’Éthiopie.

Les restrictions de visa visent « d'actuels ou d'anciens responsables gouvernementaux éthiopiens ou érythréens, des membres des forces de sécurité et d'autres personnes pour inclure des forces régionales et irrégulières de l'Amhara et des membres du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) », selon lui.

Selon le média RFI, les séparatistes terroristes du TPLF seraient maintenant devenus des résistants, alors qu’ils ont ouvertement attaqué des bases de l’armée éthiopienne et ils sont également accusés d’avoir tenté de déstabiliser le pays et même la région.

Le fait que l’axe US-Otan montre ouvertement qu’il est du côté des terroristes séparatistes montre à quel point Addis Abeba, et plus particulièrement le Premier ministre Abiy Ahmed a poussé à bout cet axe en mettant en échec les tentatives de déstabilisation du pays.

Au point que RFI appelle maintenant les séparatistes terroristes de résistants.

Washington a déjà oublié que pendant plusieurs années le Premier ministre Abiy Ahmed a tenté d’établir un dialogue avec les séparatistes tigréens afin de régler le problème de manière diplomatique. Ce n’est que ces derniers mois, lorsqu’ils ont attaqué des bases militaires qu’Addis Abeba a lancées l’offensive.

Les médias mainstream ont longtemps renié ces faits, mais cet axe occidental montre maintenant qu’il cautionne ce genre d’exaction. RFI a prétendu dans un article avoir rencontré une cellule appartenant aux terroristes du TPLF. Voici les propos que relaye le média en ayant interrogé le chef d’une cellule :

« Même s’ils ont des tanks, nous sommes prêts à combattre à mains nues, parce qu’on se bat pour notre liberté. On lance des attaques de nuit. On tue des soldats, on vole leur matériel et on le réutilise contre eux. »

Des propos qui ne suscitent visiblement pas de condamnation de la Communauté internationale et particulièrement de la part du secrétaire d’État américain Blinken.

À Washington, lors de l’attaque du Capitole début avril, quelle était la réaction des officiels Américains ? Est-ce que les mesures prises étaient diplomatiques comme le demande M. Blinken à Addis Abeba ?

Bref, c’est bien ces prises de position de la part des États-Unis qui font monter le mépris à leur encontre à travers le monde. Car tout le monde a très bien compris la volonté de Washington de faire plier les pays du monde entier aux diktats américains. Cette ère est révolue et il serait grand temps que Washington se penche plutôt sur les multiples problèmes internes aux États-Unis plutôt que d’essayer de s’ingérer dans les affaires internes des autres pays du monde !

 

3. Au Mali, la situation se gâte pour Barkhane

Dernièrement, le général François Lecointre a émis des propos troublants concernant la frappe aérienne du 3 janvier contre des Maliens à Bounti dans le centre du pays.

Lecointre, tout comme la ministre française des Armées, a prétendu à « une manipulation » contre la force française Barkhane. C’est ainsi que le général a donné son avis concernant le rapport de l’ONU.

« Très clairement, il s’agit d’une attaque contre l’armée française, contre l’opération Barkhane, contre la légitimité de nos engagements », a-t-il déclaré dans une interview au quotidien français Le Figaro. Les « erreurs » et les « biais » du rapport de la Direction des droits de l’Homme de la Minusma, la Mission de l’ONU au Mali, « découlent pour une part d’une manipulation », a estimé le général Lecointre.

L’enquête a conclu qu’une frappe aérienne conduite par l’armée française avait visé des civils réunis pour un mariage près de Bounti, et pas seulement des terroristes comme l’affirme Paris, qui réfute toute bavure.

L’affaire ne date effectivement pas d’hier, mais Paris qui attaque un rapport de l’ONU ressemble assez au jeu du bon et du mauvais flic.

Les autorités françaises ont toujours assuré qu’il n’y avait pas de mariage, que le renseignement avait « formellement » établi qu’il s’agissait d’un rassemblement de terroristes et que l’intervention d’une patrouille d’avions français lâchant trois bombes avait « neutralisé » une trentaine de terroristes.

Le fait que l’ONU mène une enquête et sorte un rapport à ce moment précis, alors que de nombreux autres faits similaires se sont également produits sans qu’il y ait une enquête quelconque, suscite quelques questions. Tout d’abord, il est clair que la couverture médiatique accordée à cet évènement est assez surprenante, mais a tout de même réussi à faire passer à la trappe une autre frappe, celle qui a causé la mort de 6 jeunes maliens de Talataye, situé entre Gao et Ménaka. Quatre avaient moins de 16 ans, deux entre 18 et 20 ans. L’ONU n’a pourtant annoncé aucune enquête concernant cette frappe. Et d’ailleurs, des évènements de ce genre, qui demandent une enquête et qui mettraient au grand jour les nombreuses exactions de Barkhane et Cie ces dernières années, ne manquent pas.

Comme par exemple, en septembre 2020, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Gao (nord-est), « un bus qui se dirigeait à vive allure en direction du convoi militaire français a fait l’objet de sommations verbales et gestuelles, puis d’un premier tir de sommation, alors que la menace de véhicules suicides est élevée », avait détaillé l’état-major.

Mais « ces premières mesures n’ont pas fait ralentir le bus », affirme-t-il : « Un second tir de sommation dirigé vers le sol a alors été effectué. Deux balles ont ricoché sur le sol et traversé le pare-brise, blessant trois passagers, dont l’un, grièvement. »

Le directeur de la compagnie, Abdoulaye Haidara, a mis en doute cette version. Le chauffeur a contesté avoir refusé de s’arrêter et a dit à ses employeurs n’avoir « entendu que les tirs qui ont blessé trois personnes » et pas de tirs de sommation, a dit Haidara.

Toujours aucune enquête ni aucune intervention de la part d’officiels français ou onusiens. Le général Lecointre couvre déjà les prochaines bavures.

« Je pense que nous serons désormais systématiquement confrontés à ce type de tentative pour chercher à nous entraver, à nous discréditer, à délégitimer notre action, à monter les populations contre notre action », a ajouté le chef d’état-major des armées.

La ministre française des Armées Florence Parly a parlé de « guerre informationnelle » que livreraient les groupes terroristes. La France accuserait son allié l’ONU d’être complice avec les groupes terroristes contre Barkhane ?

Le fait est que maintenant que la France a trouvé de nouveaux alliés européens qui lui sert entre autres de rideaux pour se cacher derrière afin de tenter de réguler la haine anti-Barkhane et anti-Élysée qui est croissante au sein de la population malienne, et l’ONU qui tente absolument de redorer son blason aux yeux de la population en jouant le bon flic qui est du côté de la population, la sortie de ce fameux rapport ressemblerait plus à une manœuvre politique sournoise qu’à une dénonciation de fait.

Les populations maliennes et plus généralement africaines ne tombent plus dans ces pièges grotesque tendus par l'occident pour prolonger et blanchir sa présence militaire sur le continent. Les Africains savent que pour récupérer leur indépendance il faut couper entièrement le cordon avec l’Occident et que Barkhane et Cie quittent le continent !

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SOURCE: FRENCH PRESS TV