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Zoom Afrique du 1er mai 2021

Après le Tchad, le Cameroun sera-t-il la prochaine cible ?

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Actualité en Afrique:

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Analyses de la rédaction:

1. Après le Tchad, le Cameroun; la prochaine cible?

L’AFP Factuel annonce dans un de ses récents articles que des publications partagées plusieurs centaines de fois sur Facebook depuis les funérailles du président tchadien Idriss Déby, montrant l’armée camerounaise qui s’est déployée à N’Djamena pour « prêter main-forte à l’armée tchadienne contre les rebelles », sont fausses.

« Il s’agit d’une fausse information, selon les autorités militaires des deux pays et des journalistes de l’AFP présents dans la capitale tchadienne. La photo utilisée par les posts mensongers date d’ailleurs de 2016 et n’a rien à voir avec le Tchad : elle a été prise au Nigeria lors d’une offensive contre le groupe jihadiste Boko Haram », lit-on sur AFP.

Pourquoi une telle information gênerait-elle l’AFP ?

Après tout, l’armée camerounaise qui partage de longues frontières avec le Tchad ayant fait l’objet d’un récent coup d’État que plus d’un analyste mettrait sur le dos de la France a toutes les raisons du monde de s’inquiéter des activités rebelles qui s’étendent à la vitesse grande V et risquent même d’affecter non seulement les villes frontalières avec la Libye, mais encore la capitale du Tchad.

Une armée camerounaise dont l’état venait juste de signer avec le Tchad un accord de convention sur l’acquisition de nouvelles infrastructures le long du pipeline Tchad-Cameroun devrait effectivement s’inquiéter de ces rebelles qui ont juré de marcher sur la capitale et qu’ils disent avoir l’intention d’accaparer le pétrole de l’État au profit des bandes et des gangs.

Le Cameroun qui fait face depuis plusieurs années déjà aux complots similaires de la part de la France et des USA, sait que cette rébellion à l’origine de l’assassinat de Déby a une mission : celle de disposer du pétrole tchadien, et ce, au profit des grandes multinationales au détriment des pays et des états nations de la région.

Le Cameroun a aussi un autre souci : que les rebelles à l’image des rebelles libyens deviennent un foyer de tension permanente sur les frontières avec le Cameroun.

 

2. RDC : Tshisekedi suit les diktats occidentaux ?

Après avoir signé des accords militaires avec les USA et lancé des coopérations sulfureuses entre l’armée et les USA et puis changé le PM, présenté son nouveau cabinet à la cause américaine et enfin tenté de changer la majorité au sénat, le président Tshisekedi vient de jouer une nouvelle carte, celle d’assiéger sa propre population, celle de Nord-Kivu qui se révolte contre les colons occidentaux lesquels tirent les ficelles de la Monusco, cet instrument totalement soumis aux diktats occidentaux et cette machine de guerre pour tuer, piller et insécuriser cette région hautement stratégique.

En effet, Félix Tshisekedi a décrété l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri

« Félix Tshisekedi avait promis des mesures fortes. Selon le compte-rendu du conseil des ministres, il a décrété l’état de siège après avoir consulté le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde et les présidents des chambres du Parlement et le Conseil national de sécurité. Le chef de l’État dit l’invoquer au nom de l’article 85 de la Constitution. Cet article prévoit que lorsque “des circonstances graves menacent d’une manière ou d’une autre l’indépendance et l’intégrité du territoire national et qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement des institutions, le président peut le proclamer”, lit-on sur RFI.

En effet, depuis plusieurs semaines, la population congolaise demande le départ des forces de Monusco, qui déstabilise la région.

Après plusieurs décennies, aux côtés de l’ONU, les populations connaissent maintenant les moindres recoins de la politique onusienne.

Le problème de la Monusco, c’est que les Congolais ne tombent plus dans les pièges grotesques tendus par les éternels discours des hauts placés de l’organisation. Ce qui fait que la confiance (qui n’a jamais vraiment existé) est définitivement rompue. La présence de la Monusco n’est plus seulement remise en question, mais son vrai visage et sa réelle fonction au sein du continent africain sont dévoilés aux yeux de l’Afrique. Les soldats onusiens ne se privent plus pour s’attaquer à la population, en prétextant que la population s’attaque à eux et en prenant une position de victime. Cela ne prend plus ! Les Congolais sont déterminés et leur demande est légitime, la Monusco doit quitter le pays et non pas pour être remplacée par d’autres militaires étrangers, mais bien par les FARDC.

 

3. Sahel : nouvelles turbulences en perspectives ?

La mort du président tchadien Idriss Deby fait planer le doute quant à une possible détérioration de la situation sécuritaire dans la région du Sahel. Le tout au moment où les forces occidentales présentes sur le terrain sont loin de contribuer à améliorer cette situation.

Le décès d’Idriss Deby, complètement inattendu pour de nombreux observateurs, dépasse aujourd’hui le cadre strictement tchadien et renvoie à l’incertitude quant aux perspectives régionales du Sahel. Notamment en raison de la considération que les événements à l’intérieur du Tchad risquent de rendre plus compliqué l’engagement du pays dans les campagnes régionales de lutte contre le terrorisme.

La France, dont le Tchad est officiellement un allié, n’avait pas tardé à réagir, en mettant en avant sa pleine solidarité avec N’Djamena suite au décès d’Idriss Deby, à qui un hommage a été rendu aussi bien par le président français Emmanuel Macron, qui saluait “un ami”, que par la ministre française des Armées Florence Parly, qui parle de perte “d’un allié essentiel pour la France”. Notamment pour l’opération Barkhane au Sahel.

D’autres pays ont également rendu un hommage au président défunt, notamment la Chine, via le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin, en rappelant qu’Idriss Deby “avait attaché une grande importance au développement des relations d’amitié entre la Chine et le Tchad et avait apporté des contributions positives à la coopération amicale entre les deux pays”.

Pour revenir à la France, partenaire clé du Tchad, et malgré une solidarité de Paris clairement affichée, pour nombre d’analystes africains – des questions persistent, notamment sur les circonstances de la mort du président tchadien, et le fait qu’à la différence des fois précédentes – les militaires français n’avaient pas participé aux combats contre les rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT) – nommés pour responsables de l’attaque ayant conduit à la mort d’Idriss Deby.

Certains vont même jusqu’à avancer l’idée que face aux récents échecs stratégiques subis sur le continent africain, notamment en République centrafricaine, l’establishment français ne chercherait-il pas des alliés plus dociles, dont il aurait un contrôle et une capacité de maniement plus importante. Tout est possible, le fait est de nombreux citoyens du Tchad refusent ce schéma relationnel avec Paris. Et leur voix se fait entendre.

En parlant des perspectives régionales, il est pratiquement certain que si la situation se détériorait au Tchad, cela aura des impacts pour le Sahel de façon générale. Le tout au moment où les défis sécuritaires restent de taille pour tous les pays concernés. À ce propos, les médias mainstream oublient comme si souvent de rappeler le pourquoi du comment de cette situation qui perdure. Et qui n’est autre que la conséquence directe de l’intervention de l’OTAN contre la Libye de Mouammar Kadhafi.

L’autre question à se poser, c’est pourquoi la présence de troupes françaises, notamment dans le cadre de l’opération Barkhane, débutée en 2014 au Sahel, n’apporte pas de véritables résultats sur le terrain. Cette question mérite d’ailleurs d’être posée également aux forces étasuniennes présentes en Afrique, y compris dans les pays du Sahel, appartenant au Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom).

Mais peut-être que l’objectif c’est justement de promouvoir encore plus de chaos pour “légitimer” la présence, de plus en plus remise en cause par la très grande partie de l’opinion publique des pays africains ? Et à défaut de pouvoir réaliser des coups d’État et des déstabilisations en tout genre aussi facilement que dans le passé – reprendre la bonne vieille méthode d’augmenter les zones instables, pour ensuite se positionner en “solutions” ?

Après tout, et s’il fallait faire un parallèle avec un pays comme la Syrie – la présence illégale américano-occidentale à certains endroits du pays utilise le justificatif de la lutte contre les éléments de Daech – dans la très grande majorité, écrasés par la coalition Syrie-Russie-Iran-Hezbollah libanais, pour expliquer sa présence. Et comme par hasard, les cellules dormantes restantes de la nébuleuse terroriste se réactivent précisément dans la zone de la présence d’une base US – en l’occurrence d’al-Tanf, sans en être inquiétées par les militaires étasuniens.

Dans le cas plus particulier des pays du Sahel, il devient donc assez évident que les solutions proposées par les partenaires occidentaux devraient être reconsidérées. La large part de l’opinion publique africaine ne dira pas le contraire.

Par Mikhail Gamandiy-Egorov, analyste-chroniqueur à l'agence Observateur Continental.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV