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Zoom Afrique du 7 avril 2021

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan, président du Conseil de souveraineté soudanais.

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Les événements dans la Corne de l’Afrique ressemblent trait pour trait au montage d’une guerre intra-africaine comme le cherche l’axe américano-Israël et le Soudan en fait les frais, non seulement au Darfour, mais également avec l'Éthiopie...

 

Actualité en Afrique :

  • Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara valide le premier gouvernement de Patrick Achi
  • Sénégal: début des travaux de la centrale thermique de Cap des biches
  • Cameroun: Malgré les réserves de l’UE, le pays entend booster ses recettes forestières grâce à l’application Sigif 2
  • Burundi: 27ème anniversaire de l’assassinat du président Ntaryamira : la classe politique demande justice

 

Analyses de la rédaction :

1. Sénégal/Maghreb: Israël cherche à provoquer la guerre ?

À peine commencé que les problèmes apparaissent déjà au sein de la relation entre le Sénégal et le Maroc, fraîchement noué. Et pour cause, voici déjà le revers de la médaille. Entre le Maroc qui a été contraint d’une certaine manière à normaliser avec le régime israélien et le Sénégal qui est de plus en plus dans le collimateur de l’Occident suite à son détachement des néo colons, il est clair que l’Occident tente déjà de saper ces relations et de raviver la flamme d’un conflit en Casamance.

Voici une information qui est parvenue dans un média : « Au Sénégal, un avion présenté comme marocain a été intercepté par les autorités pour survol illégal de l’espace aérien local. Pour l’heure, ni les autorités marocaines ni les autorités sénégalaises ne se sont officiellement exprimées sur le sujet.

Brouillard en vue dans la relation Maroc-Sénégal ? C’est ce que semblent suggérer plusieurs médias suite à la publication d’un communiqué du ministère des Transports du Sénégal faisant état du “survol illégal” de l’espace aérien sénégalais par un aéronef. Cet aéronef a ainsi survolé la région de Ziguinchor, ville principale de la région de la Casamance. Selon la même source, l’aéronef aurait effectué des “prises de vue”. La région abriterait plusieurs bases militaires sénégalaises, ce qui explique sans doute pourquoi les autorités locales évoquent “un événement très grave dans un pays souverain”. D’autant que l’avion en question survolait la région de la Casamance, où un mouvement séparatiste s’est formé avec le soutien de l’Occident et est impliqué dans une lutte avec le pouvoir sénégalais.

Selon certaines sources, cet aéronef serait marocain.

Avec le cheminement mis en place par Dakar en vue de se détacher entièrement de l’axe occidental, qui ne cherche que la déstabilisation des pays de l’Afrique, ce genre de manœuvre était assez attendue.

Le Sénégal met de plus en plus l’accent sur le fait que le pays est un État souverain, et qu’il ne veut en aucun cas entrer dans des conflits en tous genres pour assouvir les intérêts des Occidentaux.

D’ailleurs, la marine nationale sénégalaise fait cavalier seul, dans le golfe de Guinée. Une info qui, comme à son habitude, passe à la trappe, car on n’y retrouve aucunement l’implication de navires français ou encore américain.

La marine nationale a emmené 516 candidats à l’émigration sur terre, entre septembre et décembre 2020. Et grâce à ses navires dotés de matériels de dernière génération, la marine a pu arraisonner en mer des bateaux transportant 5 tonnes de haschich et 7 tonnes de cocaïnes selon le commandant Djibril Diawara, chef de corps du groupement de soutien de la Marine. De même, la marine a l’œil sur les pirates qui dictent leur loi aux navires dans les cornes de l’Afrique et qui sont déclarés dans le golfe de Guinée.

Elles se préparent au cas où les pirates viendraient au large des côtes sénégalaises. Pour ne pas donner de prétexte en plus pour les Occidentaux. La marine reçoit des navires-patrouilleurs et il y en a d’autres qui arriveront les jours prochains pour renforcer la surveillance maritime. L’objectif: renforcement des marins dans les trois fleuves du Sénégal ainsi que dans les zones frontalières pour parer à toute éventualité d’attaque de l’ennemi.

Le Sénégal, avec son emplacement extrêmement stratégique, mais également avec sa politique d’indépendance, reste sur ces gardes, car lui ou ses voisins sont la proie d’une guerre faisant partie de la nouvelle politique de colonisation de l’Afrique lancée par l’administration Biden.

Le Sénégal reste sur ses gardes et se prépare à toutes éventualités d’une attaque ennemie.

 

2. Bénin: nouvelles manifs signées USA ? 

Le Bénin qui se trouve certes dans le collimateur des mercenaires à la solde occidentale, Daech et Al-Qaida, en tout cas en se basant sur les propos du patron de la DGSE française il y a un mois de cela, se voit maintenant pris sur tous les fronts avec cet unique levier de pression.

Alors que le président est candidat à sa réélection dimanche 11 avril, ses adversaires dénoncent la prolongation de son mandat et un musellement de l’opposition. Le média Le Monde annonce déjà que le président béninois, Patrice Talon, doit partir alors que les élections n’ont même pas encore eu lieu.

Le choix de l’heure n’est pas anodin. Mardi 6 avril, quelques minutes après minuit, des manifestants ont sillonné les rues de Cotonou, capitale économique du Bénin, de Tchaourou, commune d’origine de l’ancien président Thomas Boni Yayi, ou de Save, fief de l’opposition, pour réclamer le départ immédiat du président Patrice Talon. Au même cri que l’on a pu entendre au cours des différentes manifestations aux allures de révolution de couleur qui se sont lancées surtout depuis l’investiture du président démocrate américain Joe Biden.

Aux cris de « Talon dégage ! » ou « Cinq ans c’est cinq ans, pas un jour de plus », ils ont exigé la fin du mandat de celui qui se présente comme le grand favori à sa réélection dimanche 11 avril. Quelques incidents, comme des pneus brûlés sur la place de l’Étoile-Rouge à Cotonou, ont été signalés.

Des cortèges, composés cette fois de plusieurs centaines de personnes, se sont ensuite formés dans la matinée à Porto Novo, Parakou, Calavi et dans d’autres villes favorables à l’opposition. À Save, où des manifestations avaient fait plusieurs morts en 2019 après des affrontements entre militaires et habitants, des jeunes ont saccagé un poste de péage. Des motos et plusieurs véhicules ont également été brûlés dans le domicile d’un député pro-Talon. La route menant à Tchaourou a été bloquée par des troncs d’arbre et des pneus, selon l’Agence France-Presse. À Cotonou, où la mobilisation était relativement faible, les accès à la présidence ont été restreints.

Des mobilisations, pas aussi nombreuses comme on a pu le constater dans plusieurs autres pays, comme par exemple au Nigéria ou au Sénégal.

Car évidemment, les réseaux sociaux restent l’outil par excellence de ce genre de rassemblement.

Au centre de ces tensions figure la prolongation du mandat de Patrice Talon, après la modification du calendrier électoral en novembre 2019 permettant au chef de l’État de rester un mois et demi de plus à son poste avant que le vainqueur de la présidentielle prévue dimanche ne prenne ses fonctions. « Le mandat de Patrice Talon a expiré le 5 avril à minuit alors il doit rendre le pouvoir au peuple dès maintenant, estime Stéphane Todomè, journaliste béninois proche de l’opposition. Celui qui s’octroie quelques jours de pouvoir en plus peut très bien s’accorder deux années et même un mandat supplémentaire. »

 Les manifestations répondent à l’appel lancé notamment par Komi Koutché, figure de l’opposition. Et il est clair que la signature démocrate US est bel et bien là. En effet, l’opposant a appelé ses partisans, comme l’opposant pantin de l’Occident Cellou Dalen Diallo l’avait fait en Guinée Conakry, à descendre dans les rues, dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, évidemment, sans qu’il n’y ait le moindre avertissement de la part de ceux-ci concernant ces appels à la violence. De plus, l’opposant a demandé à ses partisans de porter un mouchoir blanc, qui est bel et bien le signe d’une révolution de couleur à l’américaine.

Donc on pourrait se demander si la menace d’attaque terroriste de la part du Quai d’Orsay, était une menace ou un chantage ?

Visiblement, les chefs d’État des pays du golfe de Guinée se trouvent dans le collimateur de l’axe France-US, et c’est bien Washington qui compte prendre les rênes de l’Afrique de l’Ouest, tout en gardant la France en première ligne parmi les supplétifs.

Ces mêmes chefs d’État ont toutefois vu le coup fourré arrivé à des kilomètres. Ils ont pris les devants chacun à leur manière, mais encore faut-il que les alliances se renforcent, car c’est ce qui fait rempart au néocolonialisme.

 

3. Soudan: le piège israélien se referme petit à petit !

Les évènements dans la Corne de l’Afrique ressemblent trait pour trait au montage d’une guerre intra-africaine comme le cherche l’axe américano-Israël.

Tout d’abord, le levier de pression, utilisé mainte fois comme avec les séparatistes du Tigré dans le nord de l’Éthiopie, au Darfour occidental refait surface.

Des affrontements ont de nouveau eu lieu, au moins 56 morts et 132 blessés. Ses derniers jours, le nombre de victimes des affrontements qui secouent El-Geneina, capitale du Darfour-Occidental, ne cesse de grandir.

Toujours selon les médias, les affrontements entre les membres de la tribu Rizeigat et ceux de la communauté Al-Masalit auraient débuté après que deux membres de la communauté Al-Masalit aient été tués, affirme Salah Saleh, un médecin de la province du Darfour-Occidental. Cependant, les circonstances de leur mort ne sont pas encore connues, ajoute-t-il, confirmant néanmoins que les violences se sont étendues à d'autres quartiers de la capitale régionale.

En effet, Khartoum se trouve maintenant dans un cercle vicieux depuis qu’il s’est vu normaliser avec Israël.

À un cheveu d’un conflit armé avec son voisin éthiopien, le Soudan doit également faire face à un levier de pression de taille qui est le Darfour.

Avec ces couteaux sous la gorge, Khartoum s’est maintenant vu dans l’obligation de passer l’étape de la normalisation avec le régime israélien à un niveau supérieur.

Le conseil des ministres soudanais a approuvé mardi un projet de loi visant à abroger le boycottage d'Israël en vigueur depuis 63 ans, après la normalisation par le Soudan de ses relations diplomatiques avec Israël fin 2020.

Ce texte doit encore être approuvé par la plus haute autorité du pays, le conseil de souveraineté, pour avoir force de loi.

Cherchant à réintégrer le Soudan sur la scène internationale, le gouvernement de transition a accepté de faire de même en échange notamment d'une levée des sanctions américaines contre Khartoum.

Comptant sur ces rapprochements diplomatiques simultanés, Khartoum espère une amélioration de sa situation économique notamment. Mais c’est le contraire qui se produit, à moins que Khartoum ne cède à toutes les exigences de l’axe américano-israélien. Et ces exigences ne s’arrêteront pas à cela. En effet, l’axe occidental veut à tout prix que le Soudan devienne l’épicentre du conflit armé censé créer une guerre intra-africaine dans la Corne de l’Afrique.

D’ailleurs, avec de nouvelles cartes en main, notamment la carte du nouveau président de l’Union africaine, le président congolais, Félix Tshisekedi, qui a proposé une séance de négociation à Kinshasa, la séance de la « dernière chance » comme selon les médias mainstream, pour trouver un arrangement concernant le Grand Barrage de la Renaissance (GERD), mais évidemment avec une présence américaine lors de cette réunion. Et comme cela était attendu, la réunion n’a rien donné. Malgré plusieurs heures consacrées à son élaboration, le communiqué final lu par Marie Tumba Nzeza, ministre congolaise des Affaires étrangères, n'a apporté aucun élément pouvant attester d'une avancée dans les discussions sur le Grand barrage de la Renaissance (GERD).

Selon eux, l'Éthiopie "menace les peuples du bassin du Nil, et le Soudan directement", a déclaré devant les journalistes Mariam Al Mansoura Elsadig Almahdi, ministre soudanaise des Affaires étrangères, à l'issue de la réunion.

Alors qu’au début des divergences autour du GERD, c’était l’Égypte qui se sentait menacée, avec la pression américaine requise pour émettre des inquiétudes fallacieuses. Ce qui fait qu’avec tous ces conflits au sein du territoire soudanais, Khartoum se voit maintenant dans l’obligation de prendre le conflit sur ses propres épaules, avec évidemment et notamment, un arrangement rapide de la situation au Darfour.

Alors que L'Éthiopie affirme que l'énergie hydroélectrique produite par le barrage est vitale pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d'habitants.

Ce qui serait un facteur extrêmement important quant au développement des pays de la Corne de l’Afrique. Ce que ne veut en aucun cas cet axe, qui cherche à déstabiliser la Corne de l’Afrique et en faire une base arrière grandeur nature, pour ainsi continuer la politique d’ingérence dans le golfe d’Aden, au Yémen et également dans le Moyen-Orient.  

D’ailleurs certains médias prétendent déjà que Washington aurait appelé à la désescalade des tensions entre le Soudan et l’Éthiopie comme si les deux pays étaient entrés en guerre.

Ce qui fait que l’axe américano-israélien a choisi le Soudan comme étant l’instigateur du conflit tant recherché par cet axe occidental, grâce au fait que Washington, avec les pressions nécessaires, a fait entrer un cheval de Troie au Soudan.

Cela dit, jusqu’à présent, énormément de pièges ont été tendus afin d’allumer la mèche d’un conflit armé entre ces pays de la Corne, mais jusqu’à présent, ça n’a pas pris. Comme l’exemple du prétendu contentieux frontalier d’Al-Fashaga, qui n’a pas fonctionné.

À plusieurs reprises, Addis Abeba a annoncé ne pas vouloir une guerre avec son voisin soudanais, et d’ailleurs le Soudan ne veut pas non plus d’une guerre. Le Premier ministre Abiy Ahmed avait déjà déclaré qu’au sein du gouvernement soudanais se trouvaient des taupes corrompues travaillant pour le compte occidental. Et il est clair qu’avec une normalisation avec Israël, il ne fallait pas s’attendre à mieux.

Les pays de la Corne de l’Afrique doivent rester soudés pour pouvoir faire face à cet axe américano-israélien sournois. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV