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L’actualité en Afrique :
Les analyses de la rédaction :
Tanzanie : les multinationales sont mises à mal ?
Beaucoup de pays d’Afrique se mettent à dos les multinationales, au nom de la souveraineté et l'intégrité nationales. Les codes miniers qui s'installent et qui s'affinent de plus en plus au point de faire partir ou de rabaisser ces multinationales, qui profitent trop de leur pouvoir pour mettre non seulement à feu et à sang les pays d’Afrique, mais aussi pour détruire leur économie. La Tanzanie s'y met aussi. En effet, le pays est mêlé à un différend qui l'oppose à la compagnie australienne Indiana Ressources. La société a très mal pris cet affront et a porté l’affaire devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) réclamant au minimum 95 millions $ pour « expropriation illégale » de son permis au projet de nickel Ntaka Hill.
Mais il est possible de mieux cerner les institutions qui offrent une protection à ces multinationales car la CIRDI est une institution du Groupe de la Banque mondiale, qui fait elle-même partie de ces institutions qui pillent l'Afrique, mais sous d'autres formes.
En effet, l'État tanzanien, après avoir retiré la licence en janvier 2018 en raison d’une nouvelle réglementation minière, aurait promis le rétablissement des droits d'Indiana aux termes de discussions avec les représentants de la société. Les autorités ont ensuite changé d'avis, car un appel d'offres lancé le 20 décembre dernier impliquait l’octroi d’une nouvelle licence pour Ntaka Hill, sans préciser le remboursement par le futur propriétaire des frais déjà engagés par Indiana sur le projet.
Le fait de s'implanter dans un pays africain, d'en piller les ressources sans aucun partage, de chasser les habitants de la zone cible le plus souvent en usant de la force, en coupant les vivres à bon nombre d'habitants, et tout ceci sans la moindre indemnisation, ne serait-il pas un motif pour traduire ces multinationales en justice ? Mais la question est simple, quelle institution serait assez neutre pour pouvoir trancher équitablement ?
La source de ce différend entre la compagnie et l’État remonte à 2017, quand le gouvernement a introduit une nouvelle législation minière supprimant la licence de rétention contenue dans le code minier de 2010, sans proposer d'autres alternatives. Cette licence est accordée à une compagnie minière pour lui permettre de différer ses travaux sur un permis d'exploration ou d'exploitation en raison de la conjoncture économique, de l'insuffisance de ressources financières ou de toute autre raison valable. Or, c'est en se fondant sur le manque d'activité sur le site et l'expiration en 2018 du délai accordé à Indiana dans la licence de rétention que le permis lui a été retiré.
Depuis l'arrivée au pouvoir du président John Magufuli en 2015, les tensions entre les compagnies minières et l'État se multiplient sur fond de volonté du nouvel homme fort du pays d’accroître la contribution des richesses du sous-sol à l'économie du pays. Ce qui serait tout à fait légitime. Mais les compagnies occidentales n'ont pas l'habitude de ce genre d'affront. Et pour cause, les pratiques utilisées par ces compagnies sont la majorité du temps très douteuses.
Ces compagnies font appel à des sociétés de sécurité privée, pour assurer leur protection et pour pouvoir piller les ressources, même en plein milieu d’une zone en conflit sans avoir le moindre problème avec des pseudo groupes terroristes ou des pseudo guerres interethniques. Beaucoup d’experts disent d'ailleurs que le plus souvent, ce sont ces mêmes compagnies qui sont à l'origine de conflits dans les pays d’Afrique. Les instances comme l’ONU ou encore les troupes militaires occidentales d'occupation sont sur le continent pour assurer aussi la sécurité de leurs multinationales respectives.
Il est vrai que beaucoup de pays africains ont commencé à mettre des bâtons dans les roues de ces multinationales en mettant en place un code minier qui rééquilibre un peu la situation et qui retire le monopole des mains de ces multinationales. Mais ce n'est pas tout, d'ailleurs, la Zambie en est aussi un exemple flagrant, car sa politique est de reprendre entièrement le contrôle des ressources naturelles du pays, et si les multinationales ne sont pas contentes, elles prennent la porte.
D’ailleurs, la société Areva au Gabon en avait aussi fait les frais, comme beaucoup d'autres. Les pays africains comprennent de plus en plus que c'est eux qui ont le contrôle et que ces sociétés ne peuvent pas faire grand-chose si les gouvernements des pays africains décident de s'attaquer à ces multinationales. Ces pays risquent des instabilités au sein de leur territoire, ce qui est déjà le cas, ils risquent aussi des sanctions, ce qui est déjà le cas aussi, et tout un tas d'autres problèmes qui peuvent soudainement apparaître dans leur pays. À la seule différence, c'est que de plus en plus de pays africains se soudent pour contrer ces politiques impérialistes. C'est pourquoi de plus en plus de pays africains sont enclins à se tourner vers des politiques de Résistance afin de mettre un terme une bonne fois pour toutes aux tentatives de monopole néocoloniales.
Soudan : nouveau couteau sous la gorge du gouvernement de transition
En Afrique de l'Est, après la nouvelle de l'accord de paix entre les 2 Soudan, c'est maintenant l'accord entre le nouveau pouvoir soudanais et des prétendus groupes de rebelles de trois régions périphériques qui ont fait la paix. Peut-on y croire réellement ? Rien n'est moins sûr.
Actuellement, les dirigeants de transition du Soudan, al-Buhran et Abdallah Hamdok sont sous pression américano-israélienne. Car les pressions sont mises afin de pousser le Soudan à faire exactement la même erreur que les Émirats arabes unis ou encore Bahreïn, à savoir, normaliser avec Israël. Tel est le plan, sous l'égide de Washington.
Le Soudan se retrouve maintenant divisé entre la partie civile, mais aussi la classe politique. Cette normalisation est effectivement très loin de faire l'unanimité parmi les partis politiques, la société civile, et même au sein du gouvernement soudanais de transition.
En août, elles ont insisté sur le droit des Palestiniens à leur terre et à une vie libre.
Mais voilà que certains groupes parmi ces fameux rebelles, (nom que donne la presse mainstream), avaient déjà Israël comme allié. Pour rappel, Israël est très impliqué dans cette région de l'Afrique, où il a alimenté, armé et financé les groupes terroristes qui s’opposaient à leurs gouvernements respectifs. Donc, il est évident que ces groupes sont favorables à une normalisation avec Tel-Aviv. L’ancien président, Omar el-Béchir, était d'ailleurs contre ces groupes rebelles que Khartoum a toujours perçus comme des groupes terroristes, présents pour servir la cause des sionistes et déstabiliser le pays. Cela dit, lors de la visite à Khartoum du secrétaire d’État américain Mike Pompeo le 25 août, M. Hamdok avait écarté une normalisation immédiate avec Israël, soulignant que « le gouvernement de transition n'avait pas de mandat (…) pour en décider ».
Il avait demandé à son interlocuteur américain de séparer la question du retrait du Soudan de la liste noire américaine antiterroriste de la normalisation avec Israël. Comme à son habitude, les États-Unis considèrent les États qui ne se plient pas à son diktat d'États terroristes à placer sur la liste noire.
Mis à part ces pressions pour une normalisation, cet accord de paix peut être considéré comme un revolver sur la tempe. Cet accord de paix pourrait éclater à tout moment, en sachant que certains partis en face du gouvernement de transition sont à la solde américano-sioniste. Cela montre donc l’implication directe des Occidentaux dans les guerres et conflits sur le continent africain, et cela explique aussi la raison pour laquelle beaucoup de nations continuent de lutter contre l’impérialisme et refusent de se plier aux diktats de ces entités néo-coloniales. Le Tchad, qui soutenait la cause palestinienne, a succombé à la pression intense que subissait son pays, en normalisant avec Israël.
Reste à savoir ce que compte réellement faire le Soudan dans de telles conditions.
Guinée Conakry : le point sur la situation
Suite à la décision du président guinéen, Alpha Condé, à un troisième mandat, beaucoup de phénomènes apparaissent dans le pays. Trouble, contestation importante, apparition du terrorisme,etc. Le point avec le géopoliticien Luc Michel.
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