Dans ce numéro de Zoom Afrique :
L’actualité en Afrique :
Nigeria/Achoura : 12 personnes tuées par l'armée ;
Ouverture à Brazzaville du 5ème Forum « Investir en Afrique » ;
Angola: vente de la richesse nationale à bas prix.
Les analyses de la rédaction :
Mali: les manifestations continuent et empêchent Barkhane de sortir de sa base
Les mouvements de contestation continuent au Mali. Après le sud-ouest du Mali, dans la région de Kayes, le mouvement pour la réhabilitation des routes se poursuit dans le nord du pays. À Ménaka, notamment, où les habitants réclament le bitumage de leur route. A Tombouctou également, où, depuis vendredi dernier, un collectif bloque l'accès à l'aéroport, empêchant tous les véhicules, qu'ils soient civils ou militaires de circuler ou de patrouiller dans la ville.
Les promesses des autorités n'auront pas suffi à calmer la colère des habitants de Tombouctou. Lundi, devant la presse, le ministre porte-parole Yaya Sangaré assure que le chantier pour relier Tombouctou au centre du Mali reprendrait en décembre. Lancés en 2010, les travaux de la « route du Sahel » ont été suspendus à cause de l'insécurité, ce qui arrangeait l’Occident qui a œuvré à détruire les routes et empêcher les Autorités de les reconstruire pour isoler les villes du Nord, afin de favoriser le démembrement du pays.
La population tient bon. Malgré que les annonces gouvernementales n'ont pas permis de lever le blocage de l'aéroport. Les barricades sont toujours tenues par la population. « Personne n'entre, personne ne sort », confirme Baba Moulaye, le président du Forum régional des organisations de la société civile. Depuis cinq jours, impossible donc pour tous véhicules des forces françaises Barkhane, de la police des Nations unies ou encore des casques bleus de patrouiller dans la ville, cantonnés dans leur base située derrière l'aéroport. Ce mouvement de contestation vise particulièrement la présence militaire occidentale qui mène ses patrouilles dans le but de fournir les renseignements nécessaires aux groupes terroristes à leur solde pour qu’ils mènent des attaques ciblées et rapides.
La grogne sociale a également gagné d'autres villes du nord. Le mouvement Paix à Ménaka réclame le bitumage de la route Ansongo - Ménaka - Andéramboukane. Un tronçon dégradé qui provoque un isolement de cette région. Des appels à la mobilisation se poursuivent cette semaine, notamment dans la ville de Gao.
En parallèle à ce mouvement de contestation contre la présence occidentale une visite d’amitié a aussi eu lieu le 7 septembre à Bamako entre le président nigérien, Mahamadou Issoufou et son homologue malien IBK.
Après la menace du président Issoufou contre le gouvernement malien concernant la ville de Kidal, les 2 présidents se sont rencontrés et ont mis sur pied ce comité qui a pour but de mieux lutter contre le terrorisme. Il sera composé des ministres en charge de la défense, de la sécurité, des affaires étrangères, de la justice, des finances, ainsi que des représentants des conseils nationaux de sécurité.
Les deux présidents ont renouvelé leur volonté d'en finir avec l'insécurité et le terrorisme dans la région.
Le chef de l’État nigérien a réitéré ses propos concernant la ville de Kidal, mais le président IBK était plutôt resté silencieux par rapport à ces propos. Il semblerait que cette visite n’était pas vraiment une visite d’amitié. Auparavant, il y avait fréquemment des visites comme cela entre les 2 chefs d’État, mais depuis un certain temps, ces visites se sont raréfiées. Est-ce que le président Issoufou était venu demander à son homologue de s’occuper de la ville de Kidal ou il le ferait lui-même ? Ou bien de s’occuper des mouvements de protestation contre la présence militaire occidentale ? Quoi qu’il en soit, le président nigérien Issoufou fait depuis un certain temps une fixation sur la ville de Kidal, qui n’a pas l’air d’être entièrement sous le contrôle occidental. Les troupes militaires occidentales se sont enfoncées dans un bourbier dans lequel ils ont du mal à garder le contrôle, suite à une résistance accrue de la population. Et c’est surtout cette résistance qui commence à faire peur au chef de l’État nigérien. Cette résistance commence à prendre une ampleur à laquelle personne ne s’y attendait, encore moins l’Occident. Ce qui montre la détermination des populations à défendre leur unicité et la souveraineté de leurs pays respectifs.
Soudan du Sud: de nouvelles conditions imposées au président Kiir ?
Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir a de nouveau rencontré son rival Riel Machar à Juba. Les discussions devraient porter sur la relance de l’accord de paix qui a été signé en septembre 2018. Après les pressions américaines sur le président sud soudanais, l’accord avait été signé mais sans avoir vraiment été appliqué. Deux jours de discussions pour tenter de relancer un accord de paix, conclu en septembre 2018 à Addis-Abeba et accord prévoyait la formation d’un gouvernement d’union nationale au plus tard en mai dernier mais il a été repoussé à novembre car plusieurs points clés de l’accord, comme le cantonnement des combattants et leur intégration dans l’armée, ont pris du retard. Le
« Riek Machar vient en mission de paix », a déclaré l'un de ses porte-parole. Avec lui est venue une large délégation de près de 60 personnes dont le général Hemidti, le numéro 2 du pouvoir militaire au Soudan, Khartoum ayant facilité la signature de paix entre les deux belligérants.
Un retour en arrière qui rappelle les 15 mois de négociation avant la signature dudit accord en septembre 2018 à Addis-Abeba la capitale éthiopienne.
Visiblement, Riek Machar et sa délégation, avec notamment le numéro 2 du pouvoir militaire au Soudan, le général Hemidti, ont de nouvelles conditions à imposer au président Salva Kiir.
En effet, le président sud soudanais était mis sous la pression des États-Unis, pour l’obliger à faire rentrer Riek Machar au sein du gouvernement, et même au poste de Premier ministre. Ce que Salva Kiir ne voulait pas, car Riek Machar était considéré comme un cheval de Troie, qui aurait pu déstabiliser entièrement le pays en ayant du pouvoir. De plus, ces pressions avaient aussi comme but de fédéraliser le Soudan du Sud. Le président Kiir a tenu bon, et n’a pas fléchi face aux pressions américaines. Cela dit, suite aux ultimatums imposés par Washington, l’accord a tout de même été signé, mais Riek Machar n’a pas l’air d’être satisfait. Ce qui fait que l’accord n’est pas encore entièrement mis en place. Cette nouvelle visite, avec un général du nouveau Soudan serait en fait un moyen de réimposer les nouvelles conditions à Salva Kiir. Cette visite a aussi des airs de menace, car selon le site d’information RFI, « s’ils échouent à trouver un moyen d’avancer, on peut s’attendre à une crise majeur », met en garde un observateur. Ce qui fait que les discussions doivent impérativement déboucher sur un accord. Reste à savoir si l’Occident ou bien même les Monarchies du golfe Persique ont l’intention de faire un remake du Soudan au Soudan du Sud et faire tomber le président Salva Kiir ? Quoi qu’il en soit, le président sud soudanais a tenu tête aux exigences occidentales et ce n’est pas demain la veille que ça changera.
Cameroun: qu'implique le "dialogue national" de Pau Biya ?
Le président camerounais, Paul Biya, a convoqué un «grand dialogue national» lors d'une adresse à la Nation ce mardi 10 septembre. Ces discussions devraient être convoquées rapidement, mais qu'est ce que cela implique ? Analyse de Pierre Claver Nkodo, éditorialiste et directeur de la publication Horizons nouveaux, magazine international publié à Douala au Cameroun.
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