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Zoom Afrique du 19 mai 2019

Juba ferme son ambassade à Israël.

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

  • Nigeria : l’armée tire sur les manifestants qui demandent la libération du cheikh Zakzaky
  • Tanzanie : amende de 2,4 millions de dollars pour Acacia Mining
  • Zambie : le président maintient le nouvel impôt qui crispe le secteur minier

Les analyses de la rédaction :

Tchad

On est passé à l’étape supérieure, le Tchad se rapproche de la Russie. Le représentant spécial du président de la Fédération de Russie pour le Moyen-Orient et les pays africains et vice-ministre des Affaires étrangères de la Russie, Mikhail Bogdanov, a eu le 29 avril 2019 une rencontre avec les représentants personnels du président de la République du Tchad, Abdelkerim Déby, pour la coopération militaire et la sécurité, et le chef adjoint du cabinet civil de la présidence du Tchad, Brahim Mahamat Djamaladine, selon une déclaration du ministère russe des Affaires étrangères à la presse. 

Au cours de l’entretien approfondi auquel l’ambassadeur du Tchad à Moscou, Mbatna Bandjang, a également participé, les discussions ont porté sur « le développement des relations traditionnellement amicales entre la Russie et le Tchad », ainsi que « la coopération dans les domaines commercial, économique, humanitaire et autres ».

En mars 2018, le Tchad et la Russie ont émis le souhait de relancer leurs relations commerciales à travers la tenue à N’Djamena du premier forum économique entre les deux pays et la signature de plusieurs conventions. À l’issue du forum, une délégation d’hommes d’affaires russes a signé des conventions d’un montant total de trois milliards d’euros. 

Le président Idriss Déby ne cache pas son intérêt pour la plus grande nation du monde et a estimé l’année dernière que « le Tchad a besoin des compétences et des expertises russes pour amorcer son décollage socio-économique ». 

Parmi plusieurs projets, des sociétés russes vont notamment travailler sur la production et la mise à disposition d’intrants agricoles, d’engrais, de pesticides, participer à la construction de la boucle énergétique nationale pour permettre de produire de l’énergie à Sédigui et de la transporter jusqu’aux autres villes des provinces, mettre en place des études et connaissances du sous-sol tchadien, mettre en place un système de cadastre minier et mettre en route un laboratoire national.

Le président tchadien, Idriss Déby, est toujours sur la route du développement du pays, et tous les partenaires qui pourront l’aider dans cette quête, car il ne doit plus rien attendre de la France, qui occupe son territoire sans vraiment apporter une aide au développement du pays, à l’approvisionnement en munitions ou encore à la sécurité aux frontières du Tchad. 

Soudan du Sud

Le Soudan du Sud ferme ses ambassades en Israël, en Arabie saoudite, aux Émirats et en France. La raison officielle ? Manque de fonds. Est-ce vrai ? La tournure que prennent les événements ne nous permet pas de répondre par affirmative. En effet, depuis le départ del Bechir et l’avènement d’une junte militaire au pouvoir à Khartoum, junte totalement acquise à la cause de l’axe Israël/Arabie saoudite/Émirats/France, le processus de rapprochement entre le sud et le nord a du plomb dans l’aile ; tout est fait pour que les retrouvailles tournent court et que le pétrole qui coule depuis le sud vers le nord profite d’abord aux intérêts occidentaux. Presque simultanément à la chute de Bechir, les dirigeants sud-soudanais sont partis au Vatican dans le cadre d’un voyage bien prémédité. Ils ont été sommés de suivre la ligne occidentale. Déjà qu’ils sont sous les sanctions et ont fait tout pour faire éclater l’accord de réconciliation ! 

Le fait de vouloir couper les ponts diplomatiques avec certains pays qui seraient des spécialistes en déstabilisation aiderait sans nul doute le Soudan du Sud à se développer une bonne fois pour toutes, surtout avec l’arrivée de l’Allemagne et de la France, bien décidées à gagner du terrain dans la Corne de l’Afrique, la présence de plus en plus accrue d’Israël et des monarchies arabes sur le continent, et le renversement d’Omar el-Béchir, le Soudan du Sud n’a pas la volonté de se retrouver au milieu de ce bourbier occidental. Juba ne s’était pas arrêté à ça.

En 2017, le ministère du Pétrole a annoncé qu’il avait l’intention de doubler sa production totale de pétrole avant la fin de l’année prochaine. En effet, avec la montée de la Chine et aussi de la Russie et le manque de soutien des États-Unis, la France se retrouve seule pour sauver sa position en Afrique. Et ce qui fait que ­le Soudan du Sud avait refusé de permettre à la France d’atteindre ses puits de pétrole.

Reste à savoir si le Soudan du Sud pourra décoller en se contentant de rompre les relations diplomatiques avec ces pays déstabilisateurs de l’Afrique et du monde. L’avenir nous le dira.

Cameroun

La fixation américaine sur le Cameroun ne semble pas s’arrêter. Durant la semaine, l’homme Afrique du président Donald Trump, Tibor Nagy, qui connaît sans doute le Cameroun comme un diplomate peut connaître un pays à propos duquel il dit recevoir par jour plus d’alertes relatives aux violations des droits humains que pour le reste des pays du continent.

Le ministre américain, qui est intervenu ce jeudi 16 mai 2019 devant le comité des affaires étrangères du Congrès américain, s’en est de nouveau pris au gouvernement camerounais, dont il a critiqué la gestion de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

L’homme d’État américain, qui avait marqué l’actualité camerounaise en mars dernier en poussant le gouvernement à privilégier un dialogue pour calmer les conflits en zone anglophone, est revenu à la charge en déclarant jeudi aux sénateurs et représentants que le chef de l’État camerounais et son gouvernement n’avaient rien fait pour résoudre le conflit dans les régions en crise.

Mais il ne s’est pas arrêté à ça, il a informé les parlementaires US que les militaires sont coupables d’avoir incendié des maisons et des villages forçant les civils à fuir pour leur sécurité. L’homme Afrique de Trump a en outre appelé les États-Unis à s’impliquer et à s’ingérer encore plus dans les affaires du pays.

Suite à cela, les ingérences des États-Unis ont été telles que la Chine et la Russie sont intervenues. En effet, les débats en formule Aria sur la crise humanitaire dans les régions anglophones ont eu lieu au siège des Nations unies à New York. La Russie et la Chine se sont démarquées en faveur du Cameroun.

La nouvelle a traversé le Cameroun de part en part. Le débat s’est invité dans les médias : pour ou contre l’intervention internationale au Cameroun. Le ministre des Relations extérieures est monté au créneau, dans un communiqué, pour minimiser cette audience en formule Aria, une sorte de galop d’essai sur la crise dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest Cameroun au conseil de sécurité de l’ONU. Malgré tout, l’audience a eu lieu. Et la Chine et la Russie, membres permanents bénéficiant du droit de veto, se sont prononcées pour un partenariat renforcé avec le Cameroun.

Suite à ces événements, Tibor Nagy, non sans suggérer la meilleure façon de faire plier le gouvernement camerounais, a déclaré : « Le mieux que nous puissions faire en ce moment, car nous avons des alliés, est de faire en sorte que le gouvernement camerounais comprenne la nécessité d’un véritable dialogue… Mais si cela ne se produit pas, nous avons d’autres outils. La possibilité de sanctions est toujours présente. » Ces menaces de sanctions sont permanentes, et elles tombent sur la tête de tous ceux qui ne se plient pas aux quatre volontés du gouvernement de Trump.

Les menaces de Tibor Nagy n’ont pas duré, la crise a aussi migré vers les zones francophones. Avec l’influence de la Russie et aussi de la Chine dans le pays, les États-Unis mettent tout en œuvre pour trouver des failles pour s’ingérer. Mais le plus stupéfiant dans cette histoire, c’est de voir le Monsieur Afrique de Trump établir une comparaison des plus alarmantes avec le groupe Boko Haram, en disant : « Il est possible que ce soit ce qui s’est passé au Nigeria avec Boko haram, qui a commencé comme un petit mouvement. Regardez-le maintenant. »

Les États-Unis désireraient-ils passer à l’étape supérieure concernant le Cameroun ? L’avenir nous le dira, mais en attendant, selon certaines sources, au niveau de la population, c’est toujours le calme plat et l’unité règne toujours en maître sur le territoire.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV