Plus la France insiste pour une médiation dans l’affaire du référendum très controversé sur l’indépendance du Kurdistan, plus l’Irak essaie de fermer toutes les portes à une ingérence étrangère dans ce conflit inter-irakien.
La France compte parmi les rares pays européens qui prêtent une attention toute particulière au Kurdistan irakien. Les trois déplacements du président de cette région, Massoud Barzani, en France, sous le mandat de François Hollande, viennent à l’appui de cette affirmation.
« Le confédéralisme », voilà la solution des Français pour le bras de fer opposant Bagdad à Erbil, une solution révélée le 21 septembre 2017 par RMC. Il paraît que ce plan a été traité lors d’un déplacement des anciens ministres français des Affaires étrangères et de la Défense à Bagdad et à Erbil, les 26 et 27 août 2017.
Aujourd’hui, jeudi 5 octobre, le président français Emmanuel Macron a proposé, lors d’un point de presse conjoint avec le Premier ministre irakien, une médiation française dans le conflit entre Bagdad et Erbil, mais la proposition a été significativement négligée par Haïder al-Abadi qui s’est déclaré ainsi contre toute ingérence étrangère dans cette affaire.
Malgré cette réticence, affichée non seulement par le Premier ministre irakien mais en plus par le Parlement et les partis politiques d’Irak, les dirigeants kurdes cherchent à donner un aspect international à cette crise pour ainsi contourner la Constitution irakienne.
Des partis kurdes, et même le président irakien d’origine kurde, ont déjà donné leur feu vert à une initiative de l’Organisation des Nations unies qui prévoit l’ouverture d’un dialogue de deux ans entre Bagdad et Erbil. Le plan stipule également le renvoi de ce dossier devant le Conseil de sécurité des Nations unies, en cas d’échec des discussions.
Erbil: le jeu trouble de la Francehttps://t.co/7zImA1in3C pic.twitter.com/HzqPlfHgzw
— Press TV Français (@PresstvFr) October 5, 2017
De l’autre côté, le gouvernement, le Parlement et les dirigeants politiques d’Irak sont unanimement d’avis que la meilleure solution à cette crise passe par l’initiative de l’Ayatollah Seyyed Ali Sistani, éminent dignitaire religieux chiite.
Ladite initiative est fondée sur la Constitution et l’avis de la Cour suprême de la Constitution et rejette catégoriquement toute intervention étrangère.
Pour les experts politiques, le refus par Haïder al-Abadi d’accepter une médiation française ainsi que le plan d’Emmanuel Macron de fonder un groupe de contact pour le dossier syrien s’annonce déjà comme un acquis pour le Premier ministre irakien dans son déplacement en France.
Dans la foulée, M. al-Abadi a réussi à orienter le thème de sa conférence de presse conjointe avec Emmanuel Macron vers une coopération irako-française en matière de lutte contre le terrorisme, au lieu de se laisser entraîner dans la direction que souhaitait M. Macron, à savoir l’examen d’une intervention de Paris dans le conflit Bagdad-Erbil.