Le secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères a reconnu que Londres s'était engagé sur un mauvais chemin qui a débouché sur la montée en puissance de Daech en Syrie et en Irak.
Les déclarations de Philip Hammond interviennent alors que la commission d'enquête Chilcot sur le rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak, formée en 2009 pour examiner l'intervention le plus controversée du Royaume-Uni depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a rendu mercredi 6 juillet son rapport.
Lors de la guerre en Irak, Londres s'était engagé sur un mauvais chemin, ce qui a débouché sur la montée en puissance du groupe terroriste Daech, a déclaré Philip Hammond.
"La mise à l'écart collective des membres du cabinet de Saddam Hossein après la guerre en Irak était une erreur catastrophique, et actuellement plusieurs baasistes de l'époque de Saddam occupent des places importantes au sein de Daech", a précisé jeudi Hammond lors de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des communes.
"La plupart des difficultés auxquelles est aujourd'hui confronté l'Irak proviennent de la décision de dissoudre l'armée irakienne et du projet de débaassisation", a-t-il averti.
"C'était une grande erreur dans les programmes d'après-guerre. Si nous avions opté pour d'autres voies, nous aurions pu obtenir d'autres résultats", a-t-il indiqué.
"Il est bien évident que nombre d'anciens officiers baasistes ont constitué le noyau dur de Daech en Syrie et en Irak, conférant à cette organisation la capacité militaire nécessaire pour mener ses opérations", a déploré Hammond.
Le ministre britannique a prétendu qu'Haïdar al-Abadi, le Premier ministre irakien, est actuellement en train de tenter de changer cette politique, de mettre fin au projet de débaassisation et d'intégrer les bassistes dans la société civile, mais qu'il en est cependant incapable car cette question s'est désormais transformée en un clivage confessionnel qui divise les sunnites et les chiites du pays.