Vidéo à l'appui, Al Arabiya a diffusé toute la journée de 7 avril, des images de ce qui se veut comme étant une première "opération aéronavale Israël/Arabie saoudite" en mer Rouge contre l'Iran. Le "Saviz" que la chaine s'obstine à décrire comme étant la source de tous ses malheurs, un centre de commandement flottant, d'où sortiraient " tous les malheurs de la coalition", à savoir, les ratés successifs des batteries de missiles Patriot, face aux nuées de missiles et de drones de franchement haute précision houthis, la désertion en masse au bout de six ans de guerre des milliers de soldats saoudiens et des mercenaires, défaits dans des opérations terrestres inouïes, et étendues de façon multifront et sur des milliers de kilomètres du territoire yéménite, a été donc pris pour cible au terme d'une offensive impliquant un hélicoptère et deux bateaux rapides.
En se référant au témoignage des occupant du Saviz, la chaine arabophone iranienne, Al Alam, dit : « La veille de l'attaque, un hélicoptère non identifié a patrouillé autour du navire Saviz pendant 5 à 10 minutes. Puis le jour de l'accident, environ 4 heures après l'attaque, soit de 10h00 à 11h00 heure locale, deux hors-bord inconnus ont patrouillé près du navire. ».
A en juger les commentaires enflammés d'Al Arabia qui accompagne des images passées en boucle du navire, les Saoudiens auraient apporté un appui en renseignement aux Israéliens qui eux, "totalement paniqué à l'idée d'un retour US à l'accord nucléaire" ( attaque a eu lieu en plein négociation de Vienne 6 avril, NDLR), ont passé à l'acte dans une logique d'avertissement à la fois à l'adresse de l'Iran mais aussi de Biden. DEBKAfile, site proche du renseignement de l'armée israélienne, une armée dont le chef, Benny Gantz n'a pas osé clairement revendiquer le coup hier soir, écrit :
"Pourquoi ce coup? "d'abord, parce que Le Saviz était en mesure de recueillir des renseignements pertinents à toute agression planifiée de la mer ou de la terre d’Iran dans la région de la mer Rouge, y compris des cibles côtières israéliennes ou saoudiennes. L’administration Biden a sauté sur l’occasion en faisant connaître le rôle d’Israël dans l’attaque à ses propres fins. Cela a coïncidé avec l’ouverture des premiers pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran, négociés par l’UE à Vienne et par les voies de retour pour relancer l’accord nucléaire de 2025, auquel Israël s’oppose fermement. Les responsables américains ont publié un communiqué comme un avertissement à Israël de ne pas gâcher la tentative diplomatique en cours. L’Iran, normalement timide à reconnaître les frappes militaires israéliennes, a répondu rapidement avec un rapport hâtif des Tasnim. Tout cela indique un changement d’approche dans les tactiques utilisées dans le conflit israélo-iranien. Plus important encore, l’accent est mis sur la volonté d’Israël visant à anéantir le pont terrestre de l’Iran à travers la Syrie à une volonté de perturber son pont océanique à travers la mer Rouge."
En dépit de son apparente combativité, le commentaire reflète une totale confusion dans le camp anti Ansarallah : depuis 2015, Israël n'a jamais reconnu son implication directe dans la guerre au Yémen et contre le peuple yéménite ce qu'il vient de faire à travers ce coup anti Saviz au risque de se faire une cible légitime des missiles et des drones d'Ansarallah, qui ne feront plus désormais trop de différence entre Djeddah sur la côte ouest saoudienne ou Eilat, le port stratégique israélien et siège de la flotte de guerre sioniste sur la mer Rouge.
DEBKA affirme qu'Israël a attaqué ce navire militaire pour " prévenir toute offensive future contre les ports israéliens ou saoudiens, mais à regarder de plus près les photos de cette attaque que certaines sources attribuent aux hommes grenouilles mineurs sionistes d'autres à un missile de croisière sans ogive , le Saviz n'a pas l'air d'avoir trop souffert ou perd "'ses dômes, ses antennes-radars, ses écrans ou ses systèmes électroniques" qui font de lui, si on en croit al Arabiya, "une base militaire flottante constamment en interconnexion avec les Houthis". D'ailleurs un internaute sioniste en commentant ce commentaire posait la question suivante : " Si ce bâtiment est si crucial pourquoi ne pas l'voir fait couler? Après tout cela serait plus logique que de décapiter le commandement d'une guerre yéménite qui s'enlise et qui commence à se solder par la perte de Maarib, une cité ultra cruciale pour Riyad et Tel-Aviv? Et puis si je comprend bien on commence à s'installer à Socotra et à Mion au sud du Yémen. Si on cherche à couper le pont océanique du CGRI alors il fallait éliminer le Saviz de la course"!
En effet, l'internaute sioniste ignore un pan entier de cette histoire assez hollywoodien. EN visant un navire dit militaire que l'Iran affirme avoir fait enregistré sous le registre commercial car avec tous ses équipements de renseignement il sert à sécuriser le trafic énergétique et marchand vers la Syrie contre les pirates de mer, l'entité sioniste a tenté une diversion. Et Comment? Avec ses 300 cargos et pétroliers traversant régulièrement les eaux de la région, à savoir le golfe Persique, la mer d'Oman, la mer Rouge, l'océan indien ....une entité qui dépend à 90% du commerce maritime pour sa survie ne saurait soutenir une "guerre des pétroliers" surtout quand elle a en face d'elle, une puissance navale avérée qui a fini par ramener le CentCom à s'implanter sur la cote ouest saoudienne puisque " ses soldats devenaient fous à entendre les explosions consécutives des tirs de missiles antinavires iraniens quand ils étaient retranchés dans leur bases militaires" L'Iran suivra-t-il ce changement de registre, du commercial vers le militaire?
On le saura dans les heures et les jours à venir. Après tout MV Hélios Ray qui ne donne plus signe de vie depuis le 25 février, date à laquelle il a été cible d'une double explosion a été une base logistique elle aussi mais déguisé en cargo. N'empêche que le fait de réduire les capacités de la Résistance à faire d'Eilat, un "Djeddah" ou " un Jizan" ou encore un Yanbu Bis à Saviz est une erreur fatale et cette erreur, le régime sioniste l'a commise.
Lire : G. d’Oman : Message-vidéo du CGRI à Israël
Le 7 avril au soir, à peine quelques heures après "l'incident", le commandant du Corps des gardiens de la Révolution islamique, le contre-amiral de la marine, Alireza Tangsiri, a déclaré que les forces du CGRI "poursuivraient leurs efforts pour se renforcer pour défendre le pays et la Révolution islamique" et surtout que leurs efforts ne connaissent pas de frontières. Ses propos ont fait suite à ceux du numéro deux de la Force Qods Hijazi qui, se raillant de Netanyahou et de sa guerre dans la guerre, a affirmé que la Résistance est désormais "profondément ancrée en Syrie" et qu'elle continue son œuvre d'ancrage, indifférente aux " raids de pacotille sionistes". Le 7 avril au soir, l'armée de l'air israélienne a eu la preuve de la véracité des propos du général iranien quand un missile antimissile syrien tiré depuis le Golan a touché l'un de ses F-16. Cette preuve, la marine sioniste l'aura aussi en mer Rouge.