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Comment éliminer les forces d'occupation US et de l'OTAN en Syrie ? La réponse syro-russe

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
L'autoroute M4 relie Lattaquié à l'Irak.

Peu de rapports militaires évoquent l'importance des deux principales artères routières syriennes que sont M4 et M5 dans cette nouvelle phase du conflit qui vient de s'ouvrir en Syrie et pourtant aussi bien les États-Unis que l'OTAN ou encore Israël font tout pour que le contrôle de ces deux autoroutes ne revienne pas à l'État syrien. Depuis la reprise de Deraa par l'armée syrienne et une quasi-normalisation des liens avec la Jordanie, l'axe US/Israël fait tout pour éviter que la réouverture du point de passage de Nassib soit effective, c'est-à-dire pour que le commerce soit repris entre la Syrie et la Jordanie.

Dans le cas de la M4, c'est visiblement la Turquie qui a la mission d'empêcher que l'intégralité de cette autoroute stratégique soit restituée à la Syrie. D'où sans doute la géniale idée russe de planter une base à quelques pâtées de l'autoroute M4 soit à Qamichli, sur les frontières turques. Les unités radars russes déployées à Qamichli devront bien permettre à l'armée syrienne et à ses alliés de faire reculer les forces d'occupation turques et leurs mercenaires. En effet, M4 va jusqu'à l'Irak et une présence militaire permanente russe non loin des frontières irakiennes devrait à la fois se faire sentir dans le ciel que sur terre. L’autoroute M4 reliant l’est de l’Euphrate à l’Irak se trouve en effet au nord-est de la Syrie et constitue l’artère économique de cette région pétrolifère que convoitent les USA et leurs affidés. Sans cette autoroute, le pétrole ne pourra être trafiqué.

L’autoroute M4 commence de la ville de Lattaquié, au large de la Méditerranée, pour entrer dans la partie occidentale d’Idlib qu’elle traverse vers l’est de la Syrie avant de rejoindre l’autoroute M5 dans la ville de Saraqib. C'est le seul point de croisement entre les deux autoroutes. Elle traverse ensuite les provinces d’Alep et de Raqqa jusqu’à la frontière irakienne située au nord-est de la Syrie. 

Selon les toutes dernières nouvelles depuis les champs de combat, l’armée syrienne a su prendre le contrôle de toute la partie de l’autoroute M4 qui traverse la province de Lattaquié tandis que les terroristes du Front al-Nosra et d’autres groupes occupent les parties qui traversent Idlib et l’ouest d’Alep. L’autre partie de l’autoroute qui passe par la ville de Manbij est encore sous contrôle de l’armée.

De là, jusqu’à Aïn Issa, au nord de Raqqa, l’autoroute M4 était contrôlée par les Kurdes et puis reprise récemment, par les forces armées syro-russes. La partie dans la province de Hassaké est sous contrôle des Kurdes excepté le bout qui traverse la ville de Tall Tamer et dont la sécurité est assurée par l’armée syrienne. Rappelons que Tall Tamer était l’un des centres de gravité des récents combats, pour raison de sa situation géostratégique. Toutes les parties en lice en Syrie cherchent à prendre le contrôle de M4. 

Les terroristes de l’Armée syrienne libre (ASL), soutenus par la Turquie et qui opèrent dans le nord-ouest de la province de Hassaké, aux alentours de Raas al-Aïn, s’efforcent de parvenir jusqu’à l’autoroute M4, arrivant, dans certaines régions, jusqu'à 500 mètres du but. S’inscrivent dans le même cadre tous leurs efforts de ces derniers mois pour investir la ville d’Aïn Issa, ce qui permettrait de dominer, en même temps, la partie de l’autoroute M4 qui traverse la ville.

L’autoroute M4 est la raison principale des conflits dans l’est de l’Euphrate. Et la plupart des bases américaines et russes du nord de la Syrie sont situées à proximité. D’ailleurs, une base militaire russe pour hélicoptères a été instaurée au mois de novembre, dans la ville de Qamichli, pas loin de l'autoroute M4.

Actuellement, des patrouilles turques et russes se font sur cette autoroute, surtout dans les parties traversant Raqqa et Alep dans la mesure où les deux parties turque et russe ne sont pas encore arrivées à un consensus bien qu’elles aient déjà convenu, conformément à l’accord de Sotchi, de coopérer pour rouvrir les principales voies de communication en Syrie.

Septembre 2018, les deux présidents russe et turc étaient arrivés, à l’issue de leurs entretiens à Sotchi, sur un accord de trêve à Idlib qui les engageait à assurer jusqu’à la fin 2018, la sécurité des deux autoroutes M4 (Alep-Lattaquié) et M5 (Alep-Hama). L’accord a été violé par les terroristes du Front al-Nosra pro-Turquie et la sécurité n’a pas été rétablie par les Russes et les Turcs. L’armée syrienne s’est donc lancée dans une grande opération dans le sud d’Idlib pour libérer les régions occupées; une opération qui a toujours cours.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV