L’US Navy a dénoncé l’interception de son avion U.S. P-8A Poseidon par un chasseur russe Su-35 au-dessus de la Méditerranée orientale, accusant l’aviation russe d'avoir mis en danger la sécurité des avions US. Il s'agit d'une information particulièrement sensible dans un contexte de tension à Idlib et alors que les médias mainstream ne cessent de suggérer une possible "disposition russe" à tomber d'accord avec Israël et les Etats-Unis sur la suite à donner à la guerre en Syrie.
Citée par Sputnik, la 6ème flotte de l’US Navy a annoncé le mardi 4 juin sur son site qu’un avion de chasse russe Su-35 avait intercepté à trois reprises son avion de patrouille maritime U.S. P-8A Poseidon au-dessus de la Méditerranée et dans l’espace aérien international.
Lire aussi : Les Su-57 russes seront équipés de missiles antinavires de pointe
Qualifiant la seconde interception de « dangereuse » et d’ « irresponsable », les militaires américains accusent l’aviation russe de menacer la sécurité des membres d’équipage de l’appareil américain.
Alors que la 6ème flotte de l’US Navy appelle Moscou à agir en conformité avec les normes internationales, la Défense russe dément les allégations US, affirmant que le chasseur russe Su-35 a décollé après que les systèmes antiaériens mis en place à la base aérienne russe de Hmeimim en Syrie ont détecté l’avion de reconnaissance de l’US Navy s’approchant de l’installation navale russe à Tartous à Lattaquié en Syrie. La Défense russe souligne que son appareil s’est approché à l’U.S. P-8A Poseidon à une distance sûre.
Selon les observateurs, il s'agit d'une première tentative de rapprochement US contre la base navale russe en Méditerranée orientale alors que les Etats-Unis et Israël s'apprêtent à rencontrer la Russie très prochainement. Les médias dominants affirment que la réunion serait centrée sur la présence militaire iranienne en Syrie, cependant les débats pourraient largement dépasser ce sujet sur quoi la Russie s'est exprimée à mainte reprise. La position russe est celle de l'Etat syrien qui a refusé vigoureusement ce mardi et par la voix du président de la commission des A.E au Parlement, aux Etats-Unis le droit de "se prononcer sur la présence militaire iranienne en Syrie". Alors que la bataille bat son plein à Idlib entre une Turquie et ses alliés de l'OTAN d'une part et l'armée syrienne et ses alliés de l'autre, l'incident de ce mercredi au dessus de la Méditerranée pourrait s'interpréter comme un signe avant-coureur : les Etats-Unis seraient prêts à défier la présence de la base navale russe en Méditerranée. Pour de nombreux observateurs, si les Américains visent à affaiblir le partenariat gagnant-gagnant de la Russie et de l'Iran en Syrie, c'est parce qu'ils savent parfaitement que sans l'Iran "la Russie ne serait maintenir sa présence militaire en Méditerranée".