TV

Pourquoi les USA ont-ils échoué à renverser le gouvernement vénézuélien ?

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis John Bolton, incapable de renverser le gouvernement vénézuélien. (Photo d'illustration)

Après avoir brandi la menace de la guerre contre le président vénézuélien et l’avoir menacé de l’enfermer à Guantanamo, Bolton revient sur terre et la descente est bien douloureuse. Les observateurs dénoncent une diplomatie américaine qui "improvise" et qui ternit de part ses multiples erreurs l'image des États-Unis en Amérique latine.

Dans un article publié le premier juin, le journal arabophone Rai al-Youm se penche sur les échecs cumulés par l'administration US face au gouvernement légitime de Maduro.

L'article relève surtout le changement de ton et de la rhétorique de John Bolton vis-à-vis du président vénézuélien : alors que le conseiller américain à la sécurité nationale menaçait régulièrement le Venezuela au cours des premières semaines de la crise, il en est désormais à éviter entièrement les remarques incendiaires.

Lire : Venezuela : nouveau front de combat contre les USA

"Bolton avait menacé de capturer" le président Nicolas Maduro et de le placer au centre de détention de Guantanamo ou de lui faire subir un sort similaire à celui de l’ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi. Bolton disait aussi vouloir lancer une "invasion militaire d'envergure" contre le Venezuela si Maduro ne se retirait pas en faveur du président du Parlement Juan Guaido."

Et l'article de souligner : " Plus de quatre mois après le début de la crise et les évolutions que celle-ci a connues, les propos de Bolton ressemblent à "une blague" et ils sont traités tel quel dans les cercles diplomatiques et militaires américains. Ces cercles se moquent de la guerre imaginaire que Bolton veut mener contre le Venezuela. Quatre mois après les premières menaces US, le Pentagone n'a envoyé aucun navire de guerre au large du Venezuela et n’a coordonné aucune action militaire digne de ce nom qui impliquerait de loin ou de près le Brésil et la Colombie".

Rai al-Youm ajoute :

« Le président Maduro continue de renforcer ses bases et l'Etat gagne toujours en légitimité. L’armée a apposé une fin de non-recevoir à Washington, alors que Juan Guaido a perdu toute initiative et se borne désormais à organiser des meetings bien réduits, identiques, comme le font remarquer avec humour les révolutionnaires bolivariens, à des randonnées et des balades touristiques. »

Pourquoi ce fiasco?

Le journal arabe y voit un méga-lâchage de la part des "alliés des Etats-Unis" : "Le Brésil, pays le plus hostile au gouvernement de Maduro a soudainement changé de cap et lâché Guaido, en retirant son accréditation à l’ambassadeur annoncée par Juan Guaido. En même temps, les États qui avaient reconnu Guaido comme président par intérim ont commencé à retourner leur veste. Certains experts attribuent le retrait de Bolton dans le dossier vénézuélien à son intérêt croissant pour un autre dossier cher à son cœur, l'Iran : " C'est peut-être vrai, mais ce qui semble surtout avoir fait oublier le Venezuela à Bolton, c'est le fait qu'il a toute bonnement raté son coup et ses plans sont tombés un à un à l'eau".

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV