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Washington annonce de nouvelles ventes d’armes à Riyad sous prétexte d’une « agression iranienne »

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Un véhicule blindé de l'armée saoudienne, de fabrication US, détruit par les roquettes d'Ansarallah. ©Harbi Press

Le changement du discours est radical : Des 120 000 soldats US dont le déploiement avait été annoncé en grande pompe il y a dix jours et ce, pour répondre aux doléances de Riyad et d'Abou Dhabi, Washington ne retient en fin de compte que 1500 soldats et encore 600 d'entre eux se trouvent déjà sur place. Puis cette mission US qui aurait du être "combative" devient "défensive", les Iraniens ayant  l'intention de "s'en prendre aux intérêts américains".

Tout porte à croire que la campagne médiatique intense menée à bâton rompu autour d'une éventuelle guerre US contre l'Iran et qui, à l'origine avait pour ambition de "terroriser" les Iraniens, et de les pousser à se mettre à la table de dialogue, a fini par se retourner contre ses initiateurs: peu de temps après l'annonce de l'envoi de 900 militaires US au Moyen-Orient, une lettre signée par 76 généraux, amiraux et anciens diplomates parvenait au bureau ovale mettant en garde Donald Trump contre tout aventurisme anti-iranien. Alors pourquoi tout ce cirque? L'administration américaine a annoncé vendredi 24 mai son vrai objectif : de nouvelles ventes d'armes à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis auront lieu et ce, sans l’autorisation du Congrès. C'est subtile comme stratagème quand on sait que le dossier yéménite avait mis Trump dans l'embarras, au point qu'il avait décidé de ne plus vendre des armes au régime génocidaire saoudien.  

En invoquant la « menace » imputée à l'Iran, Trump a donc contourné le Congrès et a formellement informé ce dernier de nouvelles ventes d'armes à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis d’une valeur de près de 8 milliards de dollars, dans le cadre de 22 contrats.

Le New York Times avait déjà rapporté que Donald Trump entendait avoir recours à des échappatoires pour pouvoir accélérer les ventes d’armes à ses alliés du golfe Persique malgré la réticence du Congrès étant hostile à l’attitude de Riyad au Yémen.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et son équipe ont ainsi réussi à contourner l’avis du Congrès en invoquant « l’agression iranienne » pour justifier des ventes d’armes controversées à l’Arabie saoudite par une procédure d'« urgence ».    

Mike Pompeo a confirmé vendredi le recours à une procédure d'« urgence » pour débloquer 22 contrats d’armement ayant une valeur totale d’environ 8,1 milliards de dollars. C'était le mercredi 17 avril que Donald Trump avait apposé son veto pour bloquer un projet de loi du Congrès qui prévoyait la fin du soutien militaire des États-Unis à la coalition saoudienne, impliquée dans une guerre dévastatrice au Yémen qui a jusqu’ici coûté la vie à des dizaines de milliers de civils.

C'est le sénateur démocrate Chris Murphy qui a d'abord fait état de ce projet mercredi 22 mai en public. « J'entends dire que Trump pourrait utiliser une faille dans la loi sur le contrôle des armes » pour permettre « une nouvelle vente d'envergure de bombes à l'Arabie saoudite », a-t-il tweeté.

«Trump prétendrait que la vente est une "urgence", ce qui veut dire que le Congrès ne pourrait voter contre. Elle se produirait automatiquement », a-t-il ajouté. Or « il n'y a aucune urgence à vendre des bombes à l'Arabie pour qu'elle les lâche sur le Yémen. Les Saoudiens bombardent des civils donc s'il y a une urgence, c'est une urgence humanitaire provoquée par les bombes que nous vendons aux Saoudiens », a-t-il lancé.

Côté saoudienne, c'est probablement la consternation : les frappes au drone contre les sites stratégiques saoudiens se multiplient sans que Riyad puisse y réagir autrement que par le massacre des civils. Sur le terrain des combats, l'armée saoudienne est en débandade dans le Sud saoudien tout comme dans le Sud yéménite où Aden risque de ne plus rester aux mains des agresseurs si Ansarallah continue son avancée à al-Dhale. 

Pour l'Arabie saoudite et les Émirats, ce sont des dépenses désormais "inutiles" voire "contraignantes" que de conclure des contrats d'armements colossaux avec les USA sans que ces derniers soient réellement aptes à leur porter assistante en cas de besoin.

Citant des sources concordantes à la Maison Blanche, la chaîne de télévision américaine CNN et le quotidien The Washington Post ont en effet rapporté, il y a presque une semaine, que Donald Trump ne cherchait pas la guerre avec l’Iran qu’il considère comme étant « dévastatrice » pour son avenir politique. Les médias ont même fait part du mécontentement du président américain de l’approche belliciste de certains de ses conseillers comme John Bolton. Un geste jugé par beaucoup d’analystes comme un jeu du « bon flic, mauvais flic » qui vise finalement à mettre sous pression Téhéran en le confrontant à un dilemme « guerre/dialogue ».

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV