L'implication israélienne dans la guerre de plus en plus ouverte que mènent les États-Unis contre le Venezuela se précise. Une série d’images satellite publiées par la société israélienne ImageSat International prouve la présence massive des drones israéliens non loin de l'espace aérien vénézuélien. Selon ImageSat, les images en question présentent un bref aperçu de la mise en place des préparatifs de l’armée vénézuélienne "en vue d’une éventuelle intervention militaire des États-Unis contre le Venezuela". Au chapitre des ingérences israéliennes, certaines sources n'écartent pas non plus l'implication de l'armée israélienne dans la troisième cyberattaque dont a été victime cette semaine le Venezuela. Cette semaine, la Chine a envoyé pour la première fois des conseillers militaires au Venezuela, un groupe de 100 personnes, qui devraient travailler aux côtés de leurs homologues russes à l'effet de contrer des actes de sabotage US-alliés.
Selon la société israélienne, ces images tournées dans le ciel vénézuélien montrent une activité « inhabituelle » des systèmes de défense antiaérienne S-300 et des avions de combat Su-30 déployés sur la base aérienne Capitan Manuel Rios, rapporte South Front.
D’après l’analyse de ces images, affirme toujours la source israélienne, cette activité est liée à une série d’exercices militaires organisés récemment par "les Forces armées vénézuéliennes afin de vérifier leur état de préparation pour faire face à un éventuel scénario d’escalade".
Selon des observateurs, la première étape des conspirations US pour changer le régime au Venezuela a échoué pour plusieurs raisons dont l’attitude de l’armée vénézuélienne qui soutient le gouvernement du président élu, Nicolas Maduro, mais aussi l’incapacité de l’opposition dirigée par les États-Unis à organiser une provocation « humanitaire » pour justifier les nouvelles actions des États-Unis et de leurs alliés. Depuis cette première tentative, plusieurs autres tentatives ont également eu lieu sans aboutir.
Selon les analystes politiques la panne géante qui s'abat pour la troisième fois sur le Venezuela pourrait aussi être l'oeuvre des sociétés israéliennes spécialisés en cybercriminalité. Kaspersky Lab, basé à Moscou, est le détecteur de cyberattaques le plus avancé au monde et il compte 400 millions de clients dans le monde et fournit une cyber-protection aux institutions de l’État russe. Récemment, les ingénieurs de Kaspersky Lab ont testé de nouveaux dispositifs de détection de virus et découvert des activités inhabituelles sur les réseaux de l’entreprise, caractéristiques d’une cyberattaque massive.
Pour les analystes qui établissent désormais un parallèle directe entre la crise au Venezuela et celle qui a débouché sur une grande guerre en Syrie, la scène vénézuélienne est plus que jamais témoins d'une confrontation d'envergure entre les USA et Israël d'une part et l'armée vénézuélienne et la Russie et la Chine de l'autre.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réagi mercredi aux menaces de John Bolton, conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, menaces formulées au lendemain de l'arrivée du contingent militaire chinois au Venezuela.
Dans une interview accordée au quotidien russe Moskovski Komsomolets, M. Lavrov a commenté la présence des militaires russes au Venezuela et rejeté les spéculations faites par le journaliste du quotidien russe selon lesquelles la Russie voulait « faire du Venezuela une deuxième Syrie ».
Le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré : « Rien de tout cela. Nous en avons parlé publiquement et nous n’avons rien à cacher. Il y a un accord signé en 2001 avec le Venezuela. Cet accord avait été ratifié par le Parlement vénézuélien, il est donc tout à fait légal et conforme à toutes les exigences de la Constitution vénézuélienne. Conformément à cet accord, nous avons fourni au Venezuela du matériel militaire qui a besoin d’une maintenance. Et le temps de la maintenance est venu. Rien de plus. »
Fin mars, Bolton avait dit que les États-Unis ne toléreraient pas que les puissances militaires étrangères hostiles aux États-Unis « se mêlent aux affaires de l’hémisphère occidentale ».
Évoquant l’existence de bases militaires américaines sur tous les continents, le chef de la diplomatie russe a d'ailleurs souligné qu’il était « insolent » de la part des États-Unis de traiter l’hémisphère occidentale comme leur « arrière-cour », en traçant une frontière imaginaire à laquelle d’autres pays ne devraient pas avoir accès. Ce jeudi, le Premier ministre israélien est attendu à Moscou et le président Poutine pourrait ne plus seulement se militer de répondre aux objections insensés de l'intéressé quant à la présence militaire iranienne en Syrie. Le Venezuela serait peut-être à nouveau terrain où la Russie irait faire face aux ingérences israéliennes.
Quant au Venezuela, le pays a envoyé son ministre des A.E au Liban où il a rencontré le président Aoun. En visite à Beyrouth, ce mercredi 3 avril, Jorge Arreaza a été reçu par Michel Aoun à qui il a remis le message oral du président vénézuélien Nicolas Maduro portant sur la situation actuelle de son pays. Certains analystes n'écartent pas un possible appel de Caracas aux experts du Hezbollah dans le cadre d'une tentative de contre-attaque anti-israélienne.