Bien qu’Israël ne participe pas directement à la guerre au Yémen, il s’implique de plus en plus dans ce conflit.
Depuis que, début août, Tel-Aviv a annoncé être prêt à se joindre une opération militaire pour « libérer le détroit d’Ormuz et de Bab el-Mandeb » en cas de blocage par les forces iraniennes, les médias évoquent la formation, sur le territoire palestinien occupé, de mercenaires saoudiens pour combattre les forces de l’armée yéménite et celles d’Ansarallah, a rapporté Sputnik citant le quotidien Nezavissimaïa Gazeta.
Le site Al-Khaleej OnLine basé aux Émirats arabes unis, se référant à des sources proches du Congrès américain, a déjà rapporté le financement par Abou Dhabi de camps d’entraînement situés dans le désert du Néguev où sont activement formés des mercenaires à la solde de Riyad.
Selon Sputnik, il serait prévu de faire appel à eux pour le prochain assaut contre la ville portuaire yéménite de Hudaydah, par laquelle transitent jusqu’à 80 % de la nourriture, des médicaments et des autres marchandises de première nécessité. L’opération contre cette ville a été lancée par la coalition menée par l’Arabie saoudite au début de l’été.
Cela témoigne de l’existence d’un schéma de répartition des tâches pour alimenter la guerre yéménite en mercenaires : Riyad s’occuperait du recrutement, Abou Dhabi financerait le processus de formation, et Tel-Aviv préparerait des « soldats de fortune ». La participation d’Israël à la formation de mercenaires pour la coalition saoudienne s’inscrit tout à fait dans le cadre de la coopération militaire et politique entre Riyad et Tel-Aviv — qui n’est plus un secret depuis longtemps. Néanmoins, les deux camps ne s’empressent pas de le reconnaître publiquement, essentiellement à cause de la réticence des Saoudiens qui craignent de s’attirer la colère des autres pays arabes et musulmans. En ce qui concerne Israël, il est prêt depuis longtemps à annoncer à haute voix au monde entier son rapprochement non seulement avec les Saoudiens, mais également avec d’autres forces arabes.
L’utilisation de mercenaires dans la guerre yéménite est cruciale pour Riyad et ses alliés. En dépit des forces considérables réunies pour combattre l’armée et les Comités populaires yéménites et leur supériorité en termes de matériel militaire sophistiqué, la coalition saoudienne n’a toujours gagné aucune bataille, ni à Hudaydah ni ailleurs dans le pays. L’Arabie saoudite s’efforce de faire appel aux mercenaires pour éviter la colère de la population saoudienne suite aux pertes croissantes en vies humaines et pour réduire la désertion massive des soldats saoudiens de bas rang. Cependant, les « soldats de fortune » de deuxième catégorie du Soudan, de l’Ouganda ou du Tchad peuvent seulement jouer le rôle de chair à canon, et non de force capable de renverser le cours de la guerre. Par ailleurs, recruter en grand nombre des professionnels européens ou américains coûterait trop cher. C’est pourquoi le choix s’est porté sur les Colombiens et d’autres citoyens latino-américains en tant que combattants, ainsi que sur les Israéliens en tant qu’instructeurs expérimentés.