Les tirs de missiles yéménites sur l’aéroport d’Abha et la province saoudienne de Jizan, l’opération de la coalition de Riyad contre la province d’al-Mahra et l’intensification des contestations dans les régions du sud du Yémen contre les sbires du président démissionnaire Mansour Hadi sont les dernières évolutions de la guerre au Yémen.
Les unités de drones de l’armée yéménite et d’Ansarallah ont attaqué avec un drone de reconnaissance Qassef-1 l’aéroport saoudien d’Abha, causant l’arrêt des vols de cet aéroport.
Plusieurs rassemblements de mercenaires saoudiens près du passage d’Alab dans la province d’Assir ont été visés par des tirs d’artillerie et de lance-roquettes de l’armée yéménite et des Comités populaires d’Ansarallah, tandis que des mercenaires saoudiens ont tenté de s’infiltrer à Hudaydah. Les affrontements ont laissé trois morts et plusieurs blessés dans les rangs des mercenaires saoudiens.
Par ailleurs, une source a fait état du tir d’un missile balistique de type Badr-1 sur l’aéroport de Jizan, qui a atteint avec précision sa cible.
L’armée et Ansarallah ont également visé les positions des mercenaires saoudiens à l’est d’al-Talaa dans la province de Jizan.
Ces opérations réussites de l’armée et d’Ansarallah interviennent alors que la coalition de Riyad tente depuis plusieurs jours, en envoyant des convois d’armes, d’occuper la province d’al-Mahra, située à l’extrême est du Yémen.
Selon les témoins oculaires, l’Arabie saoudite a envoyé des dizaines de véhicules blindés dans cette province. La coalition saoudienne essaie de recruter de nouveaux membres parmi les jeunes dans cette région.
Depuis plusieurs mois, l’Arabie saoudite cherche à prendre le contrôle total de la province d’al-Mahra afin de construire un oléoduc débouchant dans le golfe Persique, mais la population s’oppose vivement à ces tentatives.
Par ailleurs, le mouvement yéménite Ansarallah a déclaré que les pourparlers de paix prévus étaient toujours en suspens, l’Arabie saoudite refusant d’autoriser la délégation des Houthis à se rendre dans la ville suisse de Genève.
Une délégation du gouvernement démissionnaire yéménite a menacé de partir si la délégation d’Ansarallah n’arrivait pas dans les 24 heures.
La délégation du gouvernement de Mansour Hadi, dirigée par l’ancien ministre des Affaires étrangères Khaled al-Yamani, est arrivée mercredi en Suisse pour participer aux pourparlers organisés par les Nations unies en faveur de la paix dans le pays et mettre un terme à la crise.
Yamani a déclaré à la presse à Genève qu’« il faudra prendre dans quelques heures la décision de rester à Genève ou de se retirer ».
Les Saoudiens « refusent toujours d’autoriser un avion omanais » à atterrir à Sanaa, la capitale yéménite, pour emmener la délégation d’Ansarallah à Genève, a déclaré jeudi Ansarallah.
Il a publié une déclaration sur l’agence de presse officielle du Yémen, SABA, affirmant qu’Ansarallah devait être « assuré de la sécurité de sa délégation » et exige que les membres de celle-ci soient autorisés à retourner « sans heurts » à l’aéroport de Sanaa.
L’émissaire des Nations unies au Yémen, Martin Griffiths, a dû reporter les pourparlers en raison du retard dans l’arrivée de la délégation d’Ansarallah.
« Il continue de faire des efforts pour surmonter les obstacles afin de permettre que les consultations se poursuivent », a déclaré le bureau de Griffiths dans un communiqué, ajoutant qu’il restait « plein d’espoir » qu’Ansarallah assistera aux pourparlers.
L’envoyé de l’ONU a déclaré que les pourparlers, les premiers depuis 2016, visaient à instaurer la confiance entre les deux parties.
L’ancien gouvernement yéménite a démissionné en 2015 alors que le pays connaissait des troubles politiques.
L’ancien président Hadi a fui vers la capitale saoudienne Riyad. Depuis son refuge, il a encouragé les plans saoudiens à lancer des attaques contre le Yémen, où le mouvement Ansarallah avait pris le relais des affaires de l’État en l’absence d’un gouvernement opérationnel.
Les Saoudiens ont rapidement envahi le Yémen dans le but de rétablir dans leurs fonctions les anciens fonctionnaires favorables à Riyad, malgré leur démission.
La guerre saoudienne a tué des milliers de Yéménites et poussé cette nation pauvre au bord de la famine. Une épidémie de choléra, résultant de la destruction de l’infrastructure sanitaire du Yémen, a également fait plus de 2 000 morts.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé cette semaine les deux parties à « faire un premier pas pour mettre fin à un conflit qui a causé de terribles souffrances humaines au peuple yéménite ».
À l’heure actuelle, les manifestations continuent toujours à Aden et les villes voisines contre la dévaluation de la monnaie nationale et la mauvaise gestion dans les régions du Sud contrôlées par le gouvernement de Hadi.