Dans un article sous la plume d’Abdel Bari Atwan, analyste de renom du monde arabe, le quotidien Rai al-Youm, qui paraît à Londres a évoqué la mission des troupes américaines au Yémen.
En allusion aux propos tenus pas le secrétaire américain à la Défense James Mattis sur une coopération logistique et les soutiens en matière du renseignement à la coalition conduite par l’Arabie saoudite au Yémen, M. Atwan a écrit: "Après trois ans de soustrait, les États-Unis ont reconnu avoir ravitaillé des avions de chasse saoudiens et vendu de nouvelles armes et munitions au régime de Riyad et mené des coopérations avec ce dernier en matière d'échange d'informations. Des commandos US ont combattu aux côtés des mercenaires saoudiens au Yémen, pris part à la supervision de l’activité balistique d’Ansarallah et à la destruction de ses missiles."
"Le département américain à la Défense a été contraint de reconnaître explicitement la présence des troupes US au Yémen une fois que The New York Times a révélé leur mission dans le pays pour aider l’Arabie saoudite à frapper les réserves balistiques du Yémen", a-t-il fait remarquer.
Citant le quotidien américain, Atwan a indiqué que 12 commandos US, chargés d’apporter un soutien logistique aux militaires saoudiens, se battaient dans le nord du Yémen contre Ansarallah.
Il va sans dire, a-t-il poursuivi, que le bilan des experts militaires US impliqués dans la guerre saoudienne au Yémen est beaucoup plus élevé que le chiffre annoncé. Ils ont été déployés dans le royaume suite à une requête du prince héritier Mohammed ben Salmane qui était récemment en visite de charme aux États-Unis. Ces forces américaines ont la mission de surveiller et détruire les missiles balistiques yéménites qui sont devenus une source de préoccupation pour les responsables saoudiens.
Selon l’auteur de l'article, la présence des experts militaires américains sur les frontières saoudo-yéménites intervient alors que le Soudan, qui a perdu de gros bonnet au Yémen, a décidé d’évacuer ses troupes du Yémen en juin.
Le Soudan revient sur le retrait de ses militaires du Yémen
"Après trois ans de conflit, l’ingérence directe des États-Unis dans cette guerre et leur confrontation avec l’Iran et ses alliés montrent que la solution militaire l'emporte sur l'issue politique. En effet, le processus de la guerre au Yémen ne va dans l’intérêt d’aucune force de la coalition pro-Riyad. Le point qui mérite attention, c’est que les États-Unis cherchent à affronter l’Iran et ses alliés au Yémen ! Il se peut que l'intervention militaire directe des États-Unis au Yémen s’inscrive dans le cadre d’une récompense à l'Arabie saoudite pour sa contribution directe ou indirecte dans la guerre contre l'Iran une fois que les États-Unis déchireraient l’accord nucléaire. Il est probable que Washington déploie ses commandos au Yémen pour justifier l’installation des forces saoudiennes dans le nord-est de la Syrie, prévue pour combler le vide d'un retrait partiel ou total des Américains de Syrie. De surcroît, les responsables saoudiens qui se sentent redevables envers les Américains, décident de déployer leurs forces à Hassaké, Raqqa et Qamichli.
Quoi qu’il en soit, cette affaire ne pourra changer les équations militaires au Yémen, au profit de la coalition pro-Riyad. Mais il va de soi que cela ira dans l’intérêt d’Ansarallah pour mobiliser plus de combattants yéménites afin de faire face à l’agression américano-israélienne et défendre la patrie.
La présence de plus de 200 000 soldats américains en Irak et de 130 000 autres en Afghanistan n’a pourtant pas pu changer l’équation de la guerre en faveur de la Maison Blanche.
Depuis 2001, les États-Unis ont dépensé plus de 7 trillions de dollars dans les guerres en Afghanistan, en Irak et en Syrie. On se demande cette fois si les troupes US iront jusqu'au bout au Yémen.
Trump ne tire pas de leçon de ses échecs au Moyen-Orient. Nous sommes sûrs et certains que la déconfiture des États-Unis sera encore plus lourde au Yémen qu'en Irak, en Syrie ou en Afghanistan. Car les Yéménites sont des combattants obstinés", lit-on dans Rai al-Youm.