L’Arabie saoudite multiplie, ces derniers temps, les signes de rapprochement envers l’Irak. Le pays a invité le Premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi pour une visite officielle à Riyad. La grande question qui se pose, comme l’avance le site d’information en ligne Arabi21, est de savoir quels sont les vrais objectifs des Saoudiens et qu’est-ce qui a provoqué ce changement de cap soudain ?
L'article brosse un tableau bien reluisant de cette reprise des relations et écrit :
Après 25 ans de rupture diplomatique, les autorités saoudiennes vont même accélérer le pas pour concrétiser le rapprochement. Les relations Riyad-Bagdad ont connu « des évolutions positives » depuis le déplacement du Premier ministre al-Abadi en juin dernier en Arabie. Un Conseil de coopération bilatéral a également été créé entre les deux pays encouragé et soutenu par les États-Unis.
Le journal relève "le rôle des Américains" dans la reprise des relations diplomatiques irako-saoudiennes, rôle qui s'est traduit "par la présence du secrétaire d’État, Rex Tillerson dans la première réunion de la Commission de coordination saoudo-irakienne tenue le dimanche 22 octobre, à Riyad, avec la présence du roi Salmane d’Arabie saoudite et le Premier ministre Haïder al-Abadi". Et le texte continue :
La réouverture d’un passage entre l’Irak et l’Arabie, 27 ans après sa fermeture est un autre pas franchi par Riyad pour resserrer ses liens avec Bagdad. Les liaisons aériennes directes sont également possibles entre les deux pays après 25 ans de suspension.
Mais ces tentatives suffisent-elles à faire oublier le rôle primordial de Riyad dans l'émergence de Daech en Irak ou encore des manœuvres assassines de Riyad dans le dossier ô combien délicat des Kurdes d'Irak? Alors que Daech n'aurait jamais pu être abattu sans la contribution effective des forces irakiennes aux quelles se sont jointes les forces de Mobilisation populaire, les courants pro-Riyad battent le tambour des divisions et poussent pour l'ère post-Daech, les autorités à des mesures destinées à "diviser la société".
Wissam al-Kubaisi, analyste politique irakien auquel le journal pro saoudien se réfère, avoue en termes à peines voilés comment les USA tirent les ficelles pour "provoquer un dégel des liens irako-saoudiens" et comment cet effort n'a pour seul et unique objectif que d'éloigner l'Irak de l'axe de la Résistance : "Riyad ne pourra arriver à cette fin qu'à trois conditions : trouver une assise en Irak à l’image de l’Iran, se faire aider par les parties internationales (USA, évidement), jouer la carte confessionnelle. Mais l'argument avancé est déjà voué à l'échec puisqu'il contient germe d'une "sedition" : " L'accueil réservé par les autorités irakiennes aux Saoudiens est bien prometteur, n'empêche que le premier objectif de Riyad ne consiste pas à normaliser avec l'Irak mais à rivaliser avec l’Iran".