La Haute cour pénale de Bahreïn a décidé de reporter le procès de cheikh Issa Qassem au 14 mars 2017. Ce dernier est poursuivi en justice pour les prétendus motifs de « blanchiment d’argent » et de « participation à des actes terroristes ».
De nombreux Bahreïnis ont battu le pavé hier soir et aujourd’hui, à Manama pour protester contre la détention et la poursuite judiciaire du dignitaire religieux.
Il y a deux jours, samedi, les oulémas du pays avaient publié un communiqué dans lequel ils rappelaient leur impératif de « défendre jusqu'à la mort» le cheikh, en mettant aussi en garde le régime contre un quelconque « acte de folie » à l’encontre du respecté religieux. Ils avaient par ailleurs appelé Manama à mettre fin à « l’agression contre la religion», à agir avec objectivité et à faire droit aux demandes du peuple bahreïni.
Il est utile de rappeler que le ministère bahreïni de l’Intérieur a même déchu de sa nationalité, le Cheikh Qassem en juin 2016.
Les groupes de défense des droits de l’homme ont, à maintes reprises, condamné le régime de Manama pour la répression des opposants, l’appelant à initier des réformes au sein de son système politique.
À cet égard, il est utile de préciser que non seulement des réformes n’ont pas été menées mais en plus le régime bahreïni a engagé des mesures au sein de son administration qui posent véritablement question.
Le paradoxe est là : Le Cheikh Qassem est puni par le régime des Ale Khalifa pour la simple raison qu’il est un dignitaire religieux chiite. Le régime l’accuse dans un pseudo-élan de chauvinisme de travailler dans l’intérêt d’une puissance étatique chiite étrangère, l’Iran. Et le régime le réprime lui et les autres chiites du pays. Les rapports officiels montrent qu’une très grande partie de ses agents publics sont des étrangers?
En effet le service de DRH qui gère l’ensemble des ministères et administrations de Bahreïn a annoncé que l’année 2013, avait été, avec 4000 agents étrangers, l’année où il y avait eu le plus de recrutements de personnel étranger dans les institutions publiques.
Le site Maarrat al-Bahrain qui a donné cette information, a expliqué aussi que depuis 2011 et depuis le soulèvement du peuple bahreïni, le gouvernement avait entrepris de recruter du personnel étranger et de priver d’embauche, les Bahreïnis de confession chiite.