Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réaffirmé le rôle de l’Iran en tant que l’un des fournisseurs d’énergie les plus fiables pour la Turquie, exprimant la volonté de Téhéran de prolonger le contrat gazier existant et d’intensifier la coopération bilatérale dans le secteur électrique.
M. Araghchi s’est exprimé lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc, Hakan Fidan, dimanche 30 novembre à Téhéran, soulignant la détermination de Téhéran à renforcer ses liens énergétiques avec Ankara.
Dans le cadre d’un accord signé en 2001 et arrivant à échéance mi-2026, l’Iran approvisionne actuellement la Turquie en gaz naturel à hauteur d’environ 10 milliards de mètres cubes par an.
Face à une demande énergétique croissante, tant dans le secteur manufacturier que pour la consommation des ménages, la Turquie a sollicité une augmentation de ses approvisionnements. Cette requête fait suite à l’accord conclu en juillet 2022 entre Téhéran et Ankara pour l’ouverture de négociations en vue d’un nouveau contrat d’exportation de gaz.
Lors de leurs entretiens, Araghchi et son homologue turc ont mis l’accent sur la nécessité de lever les obstacles entravant le commerce et les investissements bilatéraux.
Les deux parties se sont accordées sur la tenue prochaine de réunions du Conseil de coopération de haut niveau et de la Commission économique mixte, spécifiquement dédiées à la résolution de ces questions.
Le ministre iranien a en outre souligné la volonté de Téhéran d’approfondir la coopération bilatérale dans tous les domaines, évoquant notamment la création de zones de libre-échange conjointes et la mise en service d’un nouveau point de passage frontalier.
Il a également indiqué que l’Iran proposait la tenue de réunions d’experts techniques pour finaliser les termes d’un accord commercial préférentiel avec la Turquie.
De son côté, M. Fidan a insisté sur l’importance d’intensifier la coopération turco-iranienne dans les domaines stratégiques que sont le commerce, l’énergie et la sécurité régionale.
« Le commerce et l’énergie constituent des priorités absolues, et nos discussions d’aujourd’hui confirment qu’il reste beaucoup à faire », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse commune avec M. Araghchi.
Le ministre turc a par ailleurs annoncé l’engagement des deux parties à améliorer la sécurité frontalière par le déploiement de postes frontaliers supplémentaires et la mise en œuvre de projets conjoints dans les domaines de la logistique et des transports.
L’Iran et la Turquie partagent la même position sur les questions régionales
À l’issue de leurs entretiens, M. Araghchi a souligné la richesse des discussions avec son homologue turc, précisant : « Nos deux pays partagent de nombreux points communs dans la région et, naturellement, des préoccupations communes. »
Le ministre iranien a ajouté que la question palestinienne et la nécessité d’une coordination entre Téhéran et Ankara pour mettre fin aux massacres dans la bande de Gaza figuraient parmi les points centraux abordés.
« Les violations répétées du cessez-le-feu à Gaza et les récentes attaques du régime sioniste contre le Liban et la Syrie révèlent clairement une stratégie délibérée de déstabilisation régionale », a alerté le chef de la diplomatie iranienne, mettant en garde contre l’expansionnisme des projets israéliens.
L’occupation israélienne représente la menace la plus sérieuse pour la Syrie
Le ministre iranien a établi un lien direct entre la stabilité, la sécurité et la paix en Syrie d’une part, et l’intégrité territoriale ainsi que la souveraineté nationale de ce pays d’autre part.
Il a identifié l’occupation israélienne comme la principale menace pesant sur la sécurité et la stabilité syriennes, appelant tous les États de la région à s’opposer résolument aux actes d’agression et aux visées expansionnistes du régime israélien tant en Syrie qu’au Liban.
L’Iran s’oppose à toute intervention extrarégionale dans le Caucase
Le ministre iranien des Affaires étrangères a réitéré la position constante de Téhéran : préserver la stabilité et la sécurité dans le Caucase par une coopération renforcée entre pays riverains, en excluant toute intervention étrangère. Il a qualifié le terrorisme de « menace malheureuse et courante » pour les deux pays et l’ensemble de la région.
« Nous réaffirmons notre détermination à combattre le terrorisme dans le cadre d’une coopération mutuelle », a insisté le chef de la diplomatie iranienne.
Il a exprimé le soutien de l’Iran au processus de désarmement du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et à l’objectif d’une Turquie débarrassée de la menace terroriste, soulignant la nécessité de démanteler tous les groupes terroristes pour parvenir à une région exempte de terrorisme.
En juillet dernier, les membres du PKK ont commencé à déposer les armes lors d’une cérémonie dans la région semi-autonome du Kurdistan, dans le nord de l’Irak, marquant la fin de leur lutte armée contre la Turquie dans l’une des insurrections les plus longues au monde.