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Le Royaume-Uni accusé d'ignorer entre 8 000 et 13 000 sites de déchets toxiques illégaux

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des milliers de tonnes d'ordures ménagères n'ont pas été ramassées à Birmingham. ©AP/Archives

Une nouvelle analyse, partagée avec The Guardian et réalisée par Watershed Investigations, révèle que le Royaume-Uni est confronté à un problème de criminalité liée aux déchets bien plus important que ce que les autorités ont reconnu.

On estime à 8 000 le nombre de décharges illégales disséminées à travers le pays, un chiffre qui pourrait atteindre 13 000 selon les projections les plus optimistes. Les chercheurs affirment que ces sites contiennent collectivement environ 13 millions de tonnes de déchets, permettant ainsi à leurs exploitants de se soustraire au paiement d’au moins 1,63 milliard de livres sterling de taxes sur la mise en décharge.

Les spécialistes de l'environnement alertent sur les conséquences qui vont bien au-delà des pertes de revenus. La professeure Kate Spencer, de l'université Queen Mary de Londres, explique que l'absence de surveillance et de règles de sécurité autour de ces décharges expose les terres et les eaux avoisinantes à une contamination non filtrée. « Le plus inquiétant, c’est qu’en plus d’échapper à la taxe sur la mise en décharge, ces sites se soustraient également aux réglementations qui encadrent les déchets autorisés et assurent la protection des populations et de l’environnement », a-t-elle déclaré.

Spencer a ajouté que les communautés riveraines de ces sites en subissent quotidiennement les conséquences. « Rien n’empêche les polluants d’être lessivés vers les rivières ou les sols avoisinants. L’élimination illégale des déchets engendre de graves problèmes pour les populations locales, notamment en termes d’odeurs, de pollution visuelle et de détritus », a-t-elle souligné, en évoquant les incendies récurrents dans l'Essex, qui présentent des risques sanitaires. « Dans l'Essex, des décharges illégales prennent régulièrement feu, ce qui nuit à la qualité de l'air et à la santé publique. »

Malgré la fermeture de 743 opérations illégales en 2024-2025, l'Agence de l'Environnement (AE) doit encore traiter plus de 1 000 cas similaires. Ce nombre élevé laisse penser que les mesures de répression ne font qu'effleurer la surface de ce que les experts qualifient d'économie criminelle profondément enracinée.

Ces révélations font suite à un rapport accablant de la Chambre des Lords, qui reproche à l'AE et à ses partenaires leur inaction face à ce qu'ils qualifient désormais de « nouvelles drogues ».

Lady Sheehan, présidente de la commission de l'environnement et du changement climatique de la Chambre des Lords, a déclaré : « Malgré l’ampleur et la gravité des infractions, souvent dénoncées par le public, nous avons constaté de multiples manquements de la part de l'AE et d'autres organismes, allant de la lenteur des réponses aux signalements répétés (comme dans le cas de Hoad’s Wood, dans le Kent) à un nombre déplorable de condamnations. »

D’après les données de l’AE, de nombreuses enquêtes s’éternisent. Certaines des 13 affaires les plus longues, notamment des incidents liés à la combustion d’amiante, sont ouvertes depuis 11 ans sans être résolues.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV