La République islamique d’Iran et l’Arménie ne doivent permettre à aucune puissance étrangère de nuire à leurs relations amicales et stratégiques, a déclaré ce samedi 30 août le président iranien Massoud Pezeshkian lors de sa rencontre avec le secrétaire arménien du Conseil de sécurité, Armen Grigoryan.
Évoquant l’accord de paix conclu le 8 août entre l’Arménie et la République d’Azerbaïdjan sous médiation des États-Unis, le président Pezeshkian a fait part de son inquiétude face à la présence de forces étrangères dans la région, indiquant toutefois avoir été rassuré par les responsables arméniens à ce sujet.
L'accord prévoit la mise en place d’un corridor de transport reliant la République d’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan. En vertu de cet accord, l’Arménie a accordé aux États-Unis des droits exclusifs pour développer ce corridor dans la province méridionale du Syunik, frontalière de l’Iran.
L’Iran s’est toujours opposé à ce projet, affirmant qu’il changerait l’ordre géopolitique du Caucase du Sud et restreindrait sa propre capacité à utiliser les réseaux de transport régionaux.
Par ailleurs, M. Pezeshkian a fait référence à sa récente visite réussie et fructueuse en Arménie, au cours de laquelle de nombreux accords positifs ont été conclus entre les deux pays voisins.
Le président iranien s’est félicité de la mise en œuvre du corridor international de transport Nord-Sud, soulignant que l’achèvement de ce projet renforcera la convergence économique et même politique entre les États membres de l’Union économique eurasiatique.
L’Iran est partie prenante de ce corridor international de 7 200 kilomètres, combinant les voies maritimes, ferroviaires et routières, facilitant le transport de marchandises entre l’Iran, l’Asie centrale, l’Inde, l’Azerbaïdjan, la Russie et l’Europe. Grâce à l’accès à l’Iran en tant que hub de transit, les États enclavés d’Asie centrale pourront rejoindre le réseau mondial de transport.
Plus loin dans ses remarques, le président iranien a mis l’accent sur la nécessité d’élargir les échanges commerciaux ainsi que les investissements entre les deux nations.
À sont tour, Armen Grigoryan a qualifié la visite de M. Pezeshkian en Arménie d’« extrêmement importante », faisant l’éloge de ses efforts déployés pour consolider les relations bilatérales.
Affirmant que Téhéran et Erevan entretiennent des relations stratégiques, le haut responsable arménien a fait état de la volonté de son pays de signer un document de coopération globale avec Téhéran.
Dans la foulée, M. Grigoryan a exprimé l’espoir que les projets d’infrastructure et de développement en Arménie puissent être réalisés avec la participation des entreprises iraniennes, ajoutant que l’Arménie est prête à augmenter le volume des échanges économiques avec l’Iran par rapport à son niveau actuel.
Plus tôt dans la journée, M. Grigoryan s’était entretenu avec le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de la RII, Ali Larijani, où ce dernier a réaffirmé l’opposition de Téhéran à toute initiative entraînant des changements géopolitiques dans le Caucase et a salué l’intégration de l’Arménie dans un corridor stratégique passant par l’Iran, reliant ses voisins du nord à la mer d’Oman.
Lors de sa visite à Téhéran, le secrétaire du Conseil de sécurité arménien a rencontré le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général de division Abdolrahim Moussavi.
Au cours de cet entretien, le général Moussavi a affirmé que l’accord Erevan-Bakou pourrait apporter la paix et la sécurité régionales, faisant part du soutien apporté par la République islamique à ces démarches.
Toutefois, le chef d’état-major des forces armées iraniennes s’est déclaré préoccupé de la présence des puissances extrarégionales, notamment les États-Unis, faisant référence aux réalités historiques qui témoignent du rôle négatif de Washington dans la région.
De son côté, M. Grigoryan a insisté sur le renforcement des relations bilatérales, appelant a la consolidation et au développement des coopérations sécuritaires.