Des images récemment obtenues ont fait la lumière sur la mort de travailleurs humanitaires palestiniens à Gaza par les tirs des forces israéliennes, démentant les allégations israéliennes selon lesquelles les secouristes « se sont approchés de manière suspecte » sans phares ni signaux d’urgence.
Obtenue et vérifiée le vendredi 4 avril par le journal américain The New York Times, la vidéo récupérée sur le téléphone portable d’un secouriste palestinien, retrouvé plus tard dans une fosse commune avec 14 autres travailleurs humanitaires à Gaza, montre des ambulances clairement identifiées et un camion de pompiers avec des gyrophares allumés sous de lourds tirs israéliens dans la ville de Rafah, dans le sud de Gaza, le 23 mars.
La vidéo de près de sept minutes montre le convoi s’arrêtant pour aider une ambulance endommagée lorsque des tirs éclatent, touchant les véhicules de secours.
« Visiblement filmée depuis l’intérieur d’un véhicule en mouvement, la vidéo montre un convoi d’ambulances et un camion de pompiers, clairement identifiés, phares et gyrophares allumés, roulant vers le Sud sur une route au nord de Rafah au petit matin », a indiqué le New York Times.
« Le convoi s’arrête lorsqu’il croise un véhicule qui s’est déporté sur le bas-côté de la route. Une ambulance, envoyée plus tôt pour secourir des civils blessés, a été prise pour cible. Les nouveaux véhicules de secours font un détour sur le bord de la route », selon le rapport du New York Times.
La vidéo montre en effet des secouristes, dont au moins deux portent des uniformes, sortant d’un camion de pompiers et d’une ambulance marqués de l’emblème du Croissant-Rouge. Puis des bruits de tirs intenses retentissent. Sur la vidéo, on voit et on entend un barrage de coups de feu frappant le convoi, indique le journal américain.
L’image tremble avant de devenir noire. Mais le son continue pendant cinq minutes et le bruit des tirs ne s’arrête pas. Un homme dit en arabe que des Israéliens sont présents, toujours selon le même rapport.
Sur la vidéo, à la fois poignante et impressionnante, on entend l’ambulancier musulman qui récite la « chahada », la profession de foi prononcée par les musulmans avant la mort, tandis que les tirs nourris ne cessent pas un instant.
« Il n’y a de Dieu que Dieu, Mohammed est son messager », répète-t-il sans arrêt. « Pardonne-moi maman d’avoir choisi cette voie, celle d’aider les gens. Allahu Akbar », l’entend-on dire.
Cette vidéo a été présentée vendredi au Conseil de sécurité des Nations unies par le Croissant-Rouge palestinien lors d’une conférence de presse animée par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Cette situation s’inscrit en décalage par rapport à la prétention de l’armée israélienne, qui, en début de semaine, a affirmé que les forces du régime n’avaient pas ciblé les ambulances à l’aveuglette.
Dans sa version des faits, l’armée du régime a prétendu que plusieurs véhicules « avançant de manière suspecte » sans phares ni signaux d’urgence vers les troupes israéliennes auraient incité ces dernières à ouvrir le feu.
La mort tragique des travailleurs humanitaires, survenue le 23 mars, a suscité une réaction de condamnation de la part de la communauté internationale. Force est de constater que l’ONU et le Croissant-Rouge palestinien affirment que les travailleurs humanitaires ne portaient pas d’armes et ne constituaient pas une menace.
À noter que l’armée israélienne a repris, le 18 mars, ses frappes aériennes sur la bande de Gaza, en brisant l’accord de cessez-le-feu et d’échange de prisonniers, avec le mouvement de résistance palestinien Hamas, entrée en vigueur le 19 janvier 2025. Depuis, au moins 1 309 Palestiniens sont tombés en martyr et plus de 3 184 autres ont été blessés.
Conformément aux dernières données du ministère de la Santé de Gaza, depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle le régime israélien a lancé son agression brutale contre l’enclave palestinienne, au moins 50 669 personnes, principalement des femmes et des enfants, ont été tuées, et plus de 115 225 autres ont été blessées.