Plus de 14 000 professeurs d’université iraniens ont condamné la décision de l’Union européenne de désigner le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste, qualifiant cette action d’illégale, d’irresponsable et d’inhumaine.
Dans une déclaration publiée mardi, 14 237 universitaires de tout l’Iran ont affirmé que cette décision faisait suite à l’échec des tentatives occidentales de déstabiliser l’Iran.
« À la suite de l’échec de l’Occident à renverser l’Ordre islamique qui s’est traduit par la plus grande guerre terroriste jamais menée contre la nation iranienne, les ministres des Affaires étrangères des pays européens, dans une action illégale et menaçante, ont inscrit le CGRI sur la liste des organisations terroristes », indique la déclaration.
Jeudi dernier, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont annoncé leur décision d’inscrire le CGRI sur la soi-disant liste des organisations terroristes de ce bloc.
Les professeurs ont affirmé que cette décision constituait un abus de pouvoir politique et juridique visant à légitimer les pressions et une éventuelle action militaire contre l'Iran.
« Cette action hostile et interventionniste des gouvernements européens a pour but d'inciter [le président américain Donald] Trump à lancer une attaque militaire contre l'Iran, de légitimer l'agression militaire et de présenter les gardiens de la Révolution comme l'instrument de la répression du peuple iranien, afin de se venger de ce même peuple qui, une fois de plus, a soutenu l’Ordre islamique et s'est désolidarisé des émeutiers et des terroristes », ont-ils ajouté.
Les 8 et 9 janvier, des émeutiers et des terroristes armés, soutenus par l'étranger, ont détourné des manifestations pacifiques et sporadiques liées à des revendications économiques.
Ces violences, ouvertement encouragées par les États-Unis et le régime israélien, ont causé d'importants dégâts aux biens publics et privés, avec la destruction généralisée de commerces, d'institutions gouvernementales et d'infrastructures de services publics, ainsi que la mort de centaines de civils et de membres des forces de sécurité.
Les autorités iraniennes ont confirmé l'implication directe des services de renseignement américains et israéliens, qui ont fourni financement, formation et soutien médiatique aux émeutiers et aux terroristes armés opérant dans les rues.
La déclaration de mardi soulignait également que les gouvernements européens cherchent à présenter le CGRI comme une force répressive intérieure, alors que les forces de sécurité iraniennes sont elles-mêmes victimes du terrorisme.
Les signataires affirmaient que la sécurité actuelle de l'Europe est due en partie aux actions des forces armées iraniennes, notamment le CGRI et des commandants tels que le général Qassem Soleimani, qui a joué un rôle décisif dans la défaite de Daech.
La déclaration exhortait les gouvernements européens à différencier leurs politiques de celles des États-Unis en évitant d'encourager la confrontation militaire ou de se laisser entraîner dans les approches d'escalade associées à Trump, et en appelant plutôt à une plus grande rationalité et retenue politiques.
Rappelant le passé colonial de l'Europe, les professeurs affirmaient que les États européens n'ont pas l'autorité morale pour désigner d'autres pays comme terroristes, notant que des gouvernements occidentaux ont soutenu le terrorisme d'État ailleurs.
Ils soulignaient que le CGRI est une force militaire officielle et constitutionnellement reconnue de la République islamique d'Iran, et que qualifier les forces armées d'un pays de terroristes viole les normes internationales et la souveraineté de l'État.
Les professeurs ont exprimé leur plein soutien au Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) et ont remercié ses membres pour leurs services, affirmant que la désignation de cette force par les Occidentaux ne l'affaiblirait pas et ne diminuerait pas le soutien dont elle bénéficie en Iran.
Au contraire, selon la déclaration, de telles mesures renforceraient la détermination des forces armées iraniennes et accroîtraient leur popularité auprès de la population iranienne.
Les signataires ont déclaré que l'inscription du CGRI par l'UE sur sa soi-disant liste noire serait pour eux un « marque d'honneur », renforçant la légitimité et l'efficacité du corps.