En France, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a demandé à un juge d’instruction parisien d’enquêter pour crimes de guerre commis à la suite de la mort de deux enfants français dans un bombardement israélien à Gaza en octobre 2023, ont fait savoir vendredi 28 novembre des sources proches du dossier.
Janna et Abderrahim Abudaher, à l’âge de 6 et 9 ans, ont été tués lors d’un bombardement israélien, le 24 octobre 2023, dix-sept jours après le déclenchement de la guerre génocidaire dans l’enclave palestinienne.
Une plainte pour meurtre et génocide visant Israël avait été déposée par Jacqueline Rivault, la grand-mère maternelle des enfants. La Ligue des droits de l’homme (LDH) s’est constituée partie civile.
D’après cette plainte, les bombardements incessants de l’armée israélienne ont amené la famille à se réfugier dans une maison au nord de la bande de Gaza, touchée par deux missiles, dont l’un est entré directement dans la chambre où se trouvait la famille. Abderrahim est mort « sur le coup » et Janna peu après. Leur petit frère Omar et leur mère, Yasmine Znaïdi, avaient été gravement blessés.
Les plaignants plaidaient que l’attaque s’inscrivait dans le cadre d’un génocide perpétré par Israël contre les Palestiniens. La frappe a pu cibler la mère des enfants qui est de nationalité française et non palestinienne, a argué le parquet.
« Nous sommes satisfaits que le parquet nous rejoigne sur l’ouverture de l’instruction et reçoive notre constitution de partie civile. Il va y avoir une enquête sur les tirs israéliens qui ont tué ces deux enfants français », a réagi auprès de l’Agence France-Presse l’avocat de la grand-mère, Arié Alimi.
« La qualification initiale de génocide depuis la fin du mois d’octobre 2023 sera bien discutée dans le cadre de l’instruction française », même si le parquet ne l’a pas retenue à ce stade, a-t-il ajouté.
« Avant même de débuter les investigations, le parquet a une volonté dogmatique de circonscrire les investigations au crime de guerre », a déploré de son côté l’avocat de la LDH, Emmanuel Daoud.
D’autres plaintes ont été déposées en France visant des exactions commises contre des Palestiniens, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Plusieurs ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et la LDH, ont porté plainte cet été contre deux soldats franco-israéliens d’une unité d’élite de l’armée israélienne, la Ghost Unit, pour « exécutions sommaires » de civils à Gaza.
En juin, la LDH a aussi déposé plainte contre l’entreprise française d’armement Eurolinks et une entreprise israélienne, notamment pour complicité de crimes contre l’humanité et complicité de génocide.
Deux plaintes ont été par ailleurs déposées contre des Franco-Israéliens et des entités françaises qui se rendraient auteurs ou complices du crime de colonisation : la première par l’association Avocats pour la justice au Proche-Orient, cofondée par l’avocate Gisèle Halimi, une deuxième par l’association France Palestine Solidarité.